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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/622

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fait au moyen de colliers en fer dits colliers à lunettes. Le raccord ainsi établi, le tuyau de plomb pénètre dans la maison en traversant horizontalement le mur de façade à un mètre environ au-dessous du niveau du sol. Il continue son trajet, soit au fond d’une tranchée, soit en passant par la cave, jusqu’au moment où il prend la direction verticale et devient la colonne montante, qui porte l’eau à tous les étages. Le compteur, petit moteur hydraulique qui enregistre automatiquement l’eau consommée, est placé sur la colonne montante. Celle-ci s’élève jusqu’au sommet de l’édifice et est fermée, à son extrémité supérieure. Sur son parcours sont greffés les branchemens qui portent l’eau sur tous les points de l’appartement.

L’hygiène a le plus grand intérêt à ce qu’on use de l’eau avec prodigalité. La propreté de la maison et celle des habitans est en rapport direct avec la quantité d’eau consommée. Il faut qu’on l’ait partout sous la main et, pour cela, il est nécessaire de multiplier les points de puisage. Ils doivent être établis dans la cour, dans le vestibule du rez-de-chaussée, et, à chaque étage, dans la cuisine, l’office, la salle de bain, les cabinets de toilette et les water-closets. Quel que soit le point de puisage, les appareils doivent être disposés de façon à éviter la perte de l’eau. Les robinets doivent être é tanches et se fermer automatiquement. Ceux dits à repoussoir présentent ce double avantage.

J’ai parlé plus haut de la difficulté qu’on éprouvait à procurer aux grandes villes de l’eau de source en quantité suffisante. Paris, malgré les dépenses énormes qu’il s’est imposées pour amener dans ses murs les eaux de la Vanne, de la Dhuys et de l’Avre, peut à peine en donner chaque jour 100 litres à chacun de ses habitans, cela suffit habituellement pour les usages domestiques, encore est-on obligé parfois, dans les grandes chaleurs, de verser de l’eau de Seine, puisée à Ivry, dans les conduites du service privé.

Pour assurer le service public, il faut emprunter une quantité d’eau presque double à la Seine, à la Marne et au canal de l’Ourcq. Il a été nécessaire, pour cette alimentation mixte, de créer une double canalisation. Celle du service privé comporte trois zones de distribution. La Vanne alimente la rive gauche et le centre de la rive droite ; la Dhuys se répand dans les quartiers du nord-est, l’Avre dans les arrondissemens situés à l’ouest. Elle vient joindre ses eaux à celles des deux précédentes, de manière à former, avec elles, un réseau maillé. Le service public a trois distributions comme l’autre. Les quartiers élevés sont desservis par l’eau de la Marne ; les quartiers de moyenne altitude par la Seine et les plus bas par le canal de l’Ourcq.

Dans tous les arrondissemens, l’eau de source est réservée aux