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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/606

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d’eau proportionnellement moindre. Elles ont aussi moins de ressources pour s’en procurer. J’estime toutefois que lorsqu’elles font les frais d’une amenée d’eau, elles ne doivent pas descendre, dans leurs prévisions, au-dessous de 100 litres par jour et par tête. Il faut, en effet, tenir compte des pertes résultant de l’étanchéité imparfaite des conduites, de l’usure des joints et des robinets. Ces pertes varient entre le quart et la moitié de la quantité d’eau dépensée. Il faut y joindre le gaspillage inévitable à l’époque des chaleurs et que le système du compteur ne prévient qu’imparfaitement.


II

Les eaux potables sont de provenance très diverse. Elles forment deux groupes nettement tranchés au point de vue de leurs propriétés hygiéniques : les eaux courantes et les eaux stagnantes. Les premières proviennent des fleuves, des rivières, des ruisseaux et des sources qui les alimentent. Les autres sont empruntées aux grands réservoirs naturels qui se forment dans les dépressions du sol, aux lacs et aux étangs. L’eau des puits rentre dans cette catégorie. Enfin, dans certaines localités, on utilise, faute de mieux, l’eau de pluie, que l’on recueille dans des citernes.

Les eaux courantes sont de beaucoup les meilleures, et, parmi elles, ce sont les eaux de source qui méritent la préférence. Elles sont limpides, fraîches, agréables à boire et d’une pureté parfaite lorsqu’elles sont captées avec soin ou puisées à leur point d’émergence. Rien n’est séduisant comme l’eau transparente des petites fontaines qu’on trouve dans les bois, qui se cachent dans le creux des rochers et à l’abri des grands arbres. Elles n’ont pourtant pas la pureté idéale de celles qui sont, recueillies dans le sol même, puisqu’elles ont subi le contact de l’air et qu’elles sont exposées aux poussières et aux insectes. La richesse des eaux de source en sels minéraux varie suivant la nature des couches géologiques qu’elles ont traversées avant d’émerger à la surface du sol. Celles qui sortent des terrains granitiques en renferment très peu. C’est à peine si l’on y trouve des traces de silicates, de chlorures, de sulfates de potasse et de soude. Les sels de chaux y font défaut, tandis qu’ils abondent dans les eaux qui ont traversé des couches calcaires. Celles-ci sont encore excellentes lorsqu’elles se maintiennent dans les limites de minéralisation que nous avons indiquées.

Toutes les eaux de source ne sont pas de bonne qualité. Celles