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Avec des statistiques concordantes, le dividende étant le même, la population électorale se retrouvant exactement dans la population professionnelle, et le diviseur ne variant pas, le quotient serait le même : 20 978 : autant de fois un groupe professionnel compterait 20 978 électeurs inscrits, autant donc il aurait de représentans, sur le nombre de ceux qui forment la députation du département du Nord. Mais, par la faute des statistiques, nous ne savons que très approximativement, pour l’instant, comment les électeurs se répartissent, dans le Nord, entre les groupes professionnels. C’est pourquoi nous devons, jusqu’à correction de ces données, opérer sur ce chiffre de 512 854, et ses composans que nous allons voir, avec ce quotient de 26 992, comme s’ils étaient vrais, ce qu’ils ne sont, au point de vue électoral, ni les uns, ni les autres. Mais1 enfin, ce n’est pas tant d’opérer sur les chiffres vrais qu’il importe ici, que d’opérer sur des chiffres quelconques : ce qui importe, c’est de montrer que le mécanisme marche, et comment il marche.

Soit, si on le veut, un total de 512 854 électeurs ; soient dix-neuf sièges ; soit, en conséquence, un quotient électoral de 26 992. Dans ce total : 512 854, l’agriculture figure pour 121 857 ; l’industrie, pour 239 497 ; le commerce, pour 80 742 ; les transports pour 24 261 ; la force publique, pour 15 416 ; l’administration publique, pour 8050 ; les professions libérales, pour 11 793 ; les personnes vivant exclusivement de leurs revenus, pour 11 258.

Refaisons ce que nous avons fait lors du partage des cinq cents sièges entre les quatre-vingt-sept départemens : divisons chacun de ces nombres par le quotient électoral. Une première répartition au quotient plein donne : à l’agriculture quatre sièges ; à l’industrie huit sièges ; au commerce deux sièges : et quatorze sièges sont ainsi attribués, sur les dix-neuf auxquels a droit le département du Nord.

Par les autres professions, par aucune des autres prise séparément, le quotient électoral n’est atteint : les transports n’en sont pas très loin : 24 261 ; ni la force publique, ni l’administration publique, ni les professions libérales, ni les rentiers n’en approchent. Mais de la force publique, il y a peu à se préoccuper, pour le motif déjà donné que, dans sa masse, elle ne vote pas, l’armée active ne votant pas. On ne retient que cette partie de la force publique, assurément la plus petite, qui jouit des droits électoraux et, ne pouvant l’évaluer au juste, on ne la porte au tableau que pour mémoire. Pour l’administration publique, les professions libérales et les rentiers, est-ce faire trop de violence à la logique, à la réalité, que d’en composer, au point de vue de la représentation, un seul groupe professionnel ? Additionnés