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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/529

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professionnelle. Ensuite, il n’est pas très commode de définir et de classer « les unions locales. »

Et, pour ce qui est du projet lui-même, il se peut bien qu’il soit, il est certain qu’il sera à corriger, à modifier, à simplifier en quelques-unes de ses parties. Ce sera l’œuvre des hommes de bonne volonté, œuvre dans laquelle ils n’auront pas et nous ne pouvons pas avoir de plus puissant collaborateur que l’expérience ; car il n’est rien comme l’usage, comme la pratique, pour révéler les défauts d’un système politique, et pour le corriger, le modifier ou le simplifier. Ce ne serait pas une petite affaire que d’enseigner à un enfant la théorie de la marche ; et il l’apprend tout seul, en marchant. Ainsi de la pratique, pour tout ce qui est système ; et de l’apparente complication, de l’apparente difficulté, des lacunes apparentes de celui-ci, nous en appelons volontiers à l’usage.

Il nous suffit, pour le moment, de poser cette directrice : « Il faut chercher l’organisation où est la vie, et régler l’action, la proportionner, en quelque sorte, à la quantité des vies individuelles et à la qualité des vies collectives qui font la vie nationale de la France. » L’ayant posée, il nous suffit de montrer, par les chiffres et par les faits, où sont ces vies individuelles, combien elles sont ; ce que sont et combien sont ces vies collectives. L’ayant montré, il nous suffit de dire : C’est par-là qu’il faut commencer, et d’obtenir que l’on commence.


I. — CHAMBRE DES DÉPUTES

Dans le système que nous proposons, — on nous excusera de le répéter encore, — la Chambre des députés « serait élue au suffrage universel direct par tous les citoyens égaux, mais répartis, selon leur profession, en un petit nombre de catégories très ouvertes, en trois ou quatre groupes très larges, embrassant tout le monde, ne laissant personne dehors, ne souffrant ni d’exclusion ni de privilège, chacun de ces groupes devant tirer de lui-même son représentant ; avec une double circonscription : la circonscription territoriale, déterminée par le département, et la circonscription sociale, déterminée par la profession. »

De là, quand on passe à l’application, plusieurs questions à résoudre, en ce qui touche : le classement des professions ; la fixation du quotient électoral ou chiffre d’électeurs exigible pour qu’il y ait droit à un représentant ; la répartition des sièges entre les départemens et leur répartition entre les professions ; le groupement naturel des industries par régions ; la concordance, en un mot, de la circonscription sociale avec la circonscription