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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136.djvu/413

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que développe, dans celui de l’abaissement, le perfectionnement des méthodes de production et de transport.

Ces considérations générales, appliquées au commerce extérieur de la France depuis 1890, expliquent l’importance de ce fait que, malgré les diminutions considérables dans la valeur des importations et des exportations jusqu’en 1894, le volume de nos échanges n’a pas diminué et s’est même plutôt accru. Elles font en outre ressortir la grande signification de l’accroissement survenu à la fois dans le volume et dans la valeur, en 1895, et qui a persisté dans les premiers mois de 1896.


III

Il reste d’autre part à constater que l’accroissement est encore faible, et que le même procédé d’examen appliqué aux chiffres du commerce extérieur de pays voisins, nos rivaux, fait ressortir un taux notablement plus élevé, parlant plus normal, d’accroissement réel. En 1874, l’Allemagne n’avait encore atteint, pour son étendue, sa richesse, son importance économique, qu’un chiffre modique d’exportations. Il y eut dans les vingt années suivantes une poussée vigoureuse, en sorte que la valeur des exportations de l’empire allemand, dont, il est vrai, la population est supérieure de 25 pour 100 à celle de la France, dépasse maintenant de 15 à 20 pour 100 environ la valeur de nos exportations. Notre pays a donc perdu depuis vingt ans une bonne partie de l’avance industrielle que nous avions alors sur ce voisin.

Le total des importations en Allemagne s’est élevé de 26 600 000 tonnes en 1889 à 32 500 000 en 1895, et le total des exportations de 18 292 000 à 23 830 000. L’augmentation est considérable de part et d’autre. Mais si l’on compare les valeurs à cinq années d’intervalle, on ne trouve plus, à cause de la baisse des prix, qu’une augmentation de 171 millions de marks aux importations et de 238 aux exportations.

De 1894 à 1895 seulement, le volume s’est accru, aux importations, de 564 000 tonnes, et la valeur a diminué de 59 millions. Aux exportations, une augmentation de valeur de 365 millions de marks correspond à une augmentation de volume de 950 000 tonnes [1]. Ces résultats font juger de l’amélioration considérable dont le commerce de l’Allemagne a bénéficié on 1895. Quant au rapprochement des quantités entre 1889 et 1895, il présente le témoignage le plus expressif de l’importance de la baisse

  1. D’après les chiffres publiés par le Bureau allemand de statistique, fin janvier 1896.