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Page:Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 134.djvu/908

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la dépense de magasinage, de transport sur route, de factage. Il est même arrivé ceci que, pour n’avoir pas à partager le gain sur les lignes où le trafic est abondant, il a jugé utile de rétablir des fourgons attelés en poste qui partent le soir et rentrent le matin, de Londres à Brighton (85 kilomètres), de Liverpool à Manchester (60 kilomètres).


II. — LES CONVENTIONS INTERNATIONALES

Les relations entre citoyens d’un même pays ou bien entre les citoyens et les administrations de leur pays sont régies par la loi, et des tribunaux sont institués pour rendre justice à qui serait lésé. Mais la loi n’a de pouvoir qu’à l’intérieur de l’Etat qui l’a édictée ; au-delà des frontières personne ne peut s’en prévaloir. Entre citoyens ou entre administrations de pays différens, les relations ne sont plus régies que par des traités ou conventions. L’ancien régime eut déjà des conventions avec l’étranger pour l’échange des correspondances. Ainsi on lit dans l’Almanach royal de 1758 que les lettres pour les villes d’Espagne partent tous les mardis à huit heures du matin, et celles pour les villes d’Angleterre les mercredis et samedis. En général les lettres devaient être affranchies au départ jusqu’à la frontière française ou jusqu’au port d’embarquement pour les correspondances d’outre-mer, en sorte que deux offices voisins, au moment de l’échange des dépêches, n’avaient à se remettre l’un à l’autre aucun compte de taxes, chacun restant libre d’appliquer sur son territoire ses tarifs et ses règles de service.

Pendant les premières années du XIXe siècle, l’Administration conclut un grand nombre de conventions avec les administrations étrangères, mais presque uniquement pour le transport des lettres ordinaires. Ces traités reposaient sur des bases très diverses ; quelques-uns admirent l’affranchissement facultatif, puis les lettres recommandées et même les articles d’argent. Les tarifs restaient le plus souvent fort élevés, même lorsque les contractans avaient adopté des taxes uniformes et modérées dans les limites de leur propre territoire. En 1863, sur la proposition du gouvernement des États-Unis, une commission internationale se réunit à Paris pour rechercher les principes généraux d’un accord entre tous les offices postaux. Cette assemblée émit un vœu en faveur d’une taxe uniforme des lettres entre tous les pays du globe. C’était prématuré : les délégués des divers pays qui participaient aux délibérations n’avaient pas qualité pour engager les gouvernemens qu’ils représentaient, et même aucun d’eux n’aurait su dire jusqu’à