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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 131.djvu/388

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Les origines du palais Farnèse à Rome


L’histoire de l’Italie est écrite dans ses monumens. Répandus à profusion d’un bout à l’autre de la péninsule, édifices publics et privés attestent l’énergie de la vie locale à l’époque la plus féconde du Rinascimento. Eglises et palais se rencontrent à chaque pas, jusque dans les cités les plus infinies. Aussi que de surprises pour le touriste qui voyage hors des chemins battus ! Telle commune insignifiante de la Lombardie ou des Romagnes, telle bourgade perdue dans les montagnes de la Toscane ou de l’Ombrie fut autrefois le siège d’une cour brillante, le berceau d’une école célèbre. Sur cette place publique aujourd’hui envahie par l’herbe, à l’ombre des hautes murailles de l’hôtel de ville, un peuple nombreux s’assemblait, tandis que les principaux discutaient les affaires de la cité dans la grande salle du conseil aux murailles peintes à fresque. Les palais couronnés de créneaux comme des forteresses ou parés de fastueuses corniches, voyaient défiler le cortège des grands seigneurs à la fois aventuriers, marchands et artistes. Et, dans cette rocca maintenant inoffensive, le condottiere combinait avec ses associés et ses mercenaires quelque plan savant de conquête ou de rapine. Si délabrés qu’ils soient aujourd’hui, ces édifices d’un autre âge, hôtels de ville, maisons de nobles ou forteresses, n’en constituent pas moins l’éloquent commentaire de la période la plus agitée et la plus vivante qu’enregistrent les annales de la moderne Italie.

Les grandes cités n’ont pas été à l’abri de semblables vicissitudes. Celles de Venise sont gravées en traits indéniables sur la façade de ses palais. Le nombre, l’aspect des demeures aristocratiques qui bordent le grand canal racontent mieux que toutes