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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 131.djvu/374

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assureurs : Générale, Nationale, Phénix, Union, qui possèdent ensemble 1 200 millions, — soit les quatre cinquièmes par conséquent du total français, — ont décidé de ne tenir compte désormais à leurs placemens que d’un intérêt de 3 1/2, au lieu de 4 pour 100. « C’est à peine, disent-ils, si le taux de 3 1/2 pour 100 pourra être obtenu tant que les valeurs mobilières resteront aux cours actuels ou continueront de monter. » Cette affirmation, il faut l’avouer, est contestable. La vérité me paraît être que le taux de 4 pour 100 peut encore être obtenu, mais qu’il ne peut plus être dépassé. Avec des tarifs calculés sur l’ancienne capitalisation des réserves à 4 pour 100, il n’y a plus en effet aucun profit à prévoir sur le chapitre des placemens ; sur le chapitre de la mortalité il n’y en a pas davantage avec les nouvelles tables exactes substituées depuis un an aux anciennes tables fautives.


IV

On a remarqué que, tout en s’attachant à évaluer aussi exactement que possible, par les tables de mortalité, les risques qu’elle prend à sa charge, toute compagnie se trouvait exposée à ce que certaines catégories, où les capitaux sont très inégalement répartis entre les diverses têtes, la constituent en gain ou en perte, suivant que les sinistres frappent les petits assurés ou les gros. Poursuivant son rôle de destructeur acharné du hasard, l’assureur le chasse ici encore de son domaine en repassant, en réassurant, à des confrères une part des capitaux dont il s’est chargé lorsqu’ils excèdent un certain chiffre, — 400 000 francs dans les principales sociétés, 200 000 dans les autres. — La Générale paie ainsi à d’autres compagnies près de 900 000 francs par an ; elle reçoit d’autre part de ses voisines, pour les portions de risques dont elle les soulage, une annuité importante qui se confond dans les 34 millions de primes encaissées par elle. Comme les réassureurs demeurent libres de rejeter à leur tour sur d’autres quelque peu du fardeau qu’ils ont assumé, les risques onéreux perdent, en s’éparpillant ainsi, leur caractère aléatoire.

L’assureur, fidèle au même principe, a excepté de sa garantie ordinaire l’exercice des professions dangereuses et le séjour dans les climats meurtriers. Il se couvre de ces chances spéciales en imposant le paiement de « surprimes ». Ces supplémens sont même réglementés avec une minutie un peu puérile. Qu’une surprime professionnelle soit exigée seulement des aéronautes de métier, comme fait une compagnie étrangère, ce n’est là qu’un détail sans importance : en France la liste des surcharges