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Page:Revue des Deux Mondes - 1895 - tome 130.djvu/354

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Le théâtre anglais contemporain


II. LES BURLESQUES. — LA CUP AND SAUCER COMEDY. LE THEATRE DE GILBERT [1]


I

La grande vogue des Burlesques date à peu près du même temps que l’apparition du drame irlandais. Il n’y a aucun rapport entre ces deux formes du théâtre, si ce n’est que ni l’une ni l’autre n’appartient à la littérature. Le burlesque, c’est, sous un nom à peine anglais, la parodie musicale dont nous faisions alors nos délices, et d’où naquit l’opérette. A Londres, ce genre exotique fut bientôt nationalisé par le succès.

Je prends comme type l’Ixion, de Burnand, qui, à raison de sa vogue interminable, peut être considéré comme un des chefs-d’œuvre du genre. Ixion est en vers. Quels vers, on se l’imaginera si j’ajoute que chacun d’eux contient au moins un calembour. Le sujet est absolument nul, et l’esprit de la pièce consiste uniquement à faire dire des choses modernes à des personnages antiques. Le peuple d’Ixion se révolte et brûle le palais. Jupiter, invoqué, paraît : « Êtes-vous assuré ? demande-t-il. — Oui, aux principales compagnies. Mais, vous savez, quand il s’agit de

  1. Voyez la Revue du 15 juin.