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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/887

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rencontrons une troupe rieuse de jeunes actrices, joliment costumées pour la répétition générale d’une comédie.

Dans le parc, un conservatoire de musique renferme quarante pianos, un orgue, et une salle de récitation à l’usage des classes chorales. Les concerts débordent jusque dans la chapelle, ce qui scandalise toujours les voyageurs de pays catholiques : il faut leur rappeler que pour les protestans, l’église n’a son caractère sacré que pendant la durée du service, après quoi elle redevient un local comme tous les autres.

L’école des Beaux-Arts, de style grec, couronne une colline ; on ne peut dire, malgré les dons qu’elle a reçus, que ses galeries soient garnies de chefs-d’œuvre, mais elle est très bien aménagée sous le rapport des salles de conférence et des ateliers de dessin, de peinture, d’architecture. Je vois parmi les collections offertes une belle vitrine remplie de broderies anciennes, et je hasarde une question qui me vaut cette brève réponse : « Les étudiantes laissent l’aiguille aux écoles professionnelles. »

Un portrait en pied de Mrs Freeman Palmer, dans la galerie des beaux-arts, rappelle agréablement la seconde présidente de Wellesley qui fut, de l’avis de tous, une habile organisatrice. Miss Shafer était, avant de lui succéder, un très remarquable professeur de mathématiques. Jusqu’à sa mort prématurée, qui suivit de près ma visite à Wellesley, elle tint haut et ferme, assure-t-on, le drapeau des études classiques et scientifiques chaque fois qu’il s’agissait de diplômes, tout en laissant une très grande liberté à ce qu’on appelle les études électives. Consultons à ce sujet les statistiques toujours éloquentes : sept mille jeunes filles ont, dans l’espace d’une vingtaine d’années, étudié plus ou moins longtemps à Wellesley. Des associations subsistent entre elles, d’un bout à l’autre des Etats-Unis, permettant de compter celles qui ont tiré bon parti de leur bagage littéraire ou scientifique, et il paraît qu’elles sont nombreuses ; mais les grades universitaires n’ont été conquis que par 847 étudiantes ; sur ce nombre il y a 500 professeurs et institutrices, vingt et quelques missionnaires, une douzaine de médecins, à peu près autant de journalistes. Cent d’entre elles se sont tenues à la vie de famille.

Je n’eus pas l’occasion de voir le collège de Vassar qui est, si je ne me trompe, le plus ancien de tous, ni celui de Smith, fondé dix ans plus tard, vers la même époque que Wellesley, et presque aussi nombreux que celui-ci. Parmi les établissemens de date récente, le collège de Baltimore, ouvert en 1888 sous le patronage de l’église méthodiste épiscopale, m’a paru appelé au plus grand succès. La charmante capitale du Maryland, où il est