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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/829

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ministre de l’instruction publique, une première fois en 1890, une seconde en 1892, elles ont été unanimes à condamner le régime de 1878. De tous les témoignages produits alors, nous citerons quelques-uns des pins importans. Dans son rapport au Sénat sur la loi de 1892, relatif à l’exercice de la médecine, M. Cornil, professeur à la Faculté de médecine de Paris, rencontrant sur son chemin cette question de l’organisation des études, s’exprime ainsi :

« Les étudians en médecine sont aujourd’hui si peu instruits dans les sciences physiques et naturelles que la majorité d’entre eux est refusée au premier examen de doctorat qui se passe à la fin de la première année, et que le tiers d’entre eux, après ce refus, renonce à l’étude de la médecine. C’est une des causes manifestes de l’abandon de la profession médicale et de la diminution du nombre des médecins.

« Les professeurs de physique, de chimie et d’histoire naturelle des facultés de médecine sont obligés de refaire complètement l’éducation élémentaire des jeunes gens, qui ne les comprendraient pas s’ils voulaient développer les parties plus élevées de leur enseignement, c’est-à-dire celles qui touchent aux applications de ces sciences à la médecine. C’est là pourtant le but de l’enseignement donné dans les facultés de médecine.

« Les étudians en médecine devraient être préparés avant leur entrée à la faculté à comprendre les matières d’un programme plus élevé et spécial, tel que la physique médicale, la botanique médicale, l’histoire naturelle des parasites, la chimie organique et physiologique… »

Identique au fond et plus énergique encore est le langage tenu par le rapporteur de la Faculté de médecine de Paris, le professeur Le Fort, lors de l’enquête de 1892 :

« Le résultat de cette fâcheuse organisation, c’est que l’élève qui devrait arriver dans nos facultés, en possession de connaissances sérieuses en physique, en chimie, en histoire naturelle générale, n’a que des connaissances très superficielles et insuffisantes en ces matières, et ce qu’il y a de plus grave, c’est que ces études incomplètes et faites à la hâte, l’ont mis dans les plus mauvaises conditions pour profiter de sa première année de médecine. Pendant son année de philosophie, on a eu la prétention de lui apprendre la chimie sans lui faire faire de manipulations ; la physique sans lui faire faire d’expériences ; l’histoire naturelle sans même lui montrer les animaux, les plantes, les minéraux dont on l’entretenait. Il ne sait que ce qu’il a lu dans ses livres, entendu dans les leçons du professeur, et il est impossible que dans ces conditions il s’intéresse à des sciences qui ont avant tout