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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/676

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Vue d’une certaine distance, l’enceinte semble former un cercle parfait ; mais à y regarder de près on reconnaît que cette forme est en réalité elliptique. On se fera une idée de l’étendue de cette construction quand nous dirons qu’elle ne mesure pas moins de 280 pieds dans son grand axe ; le mur mesure dans sa partie la plus élevée 35 pieds au-dessus du sol, et 45 pieds dans sa partie la plus basse ; sa plus grande épaisseur à sa base est de 16 pieds, et sa partie la plus resserrée mesure environ 5 pieds. On remarque que la partie sud-est du mur est de beaucoup la mieux construite, et elle est en même temps la plus élevée : les assises sont si régulièrement disposées qu’on est en droit de supposer qu’elles ont été placées à l’aide d’un cordeau ; au contraire, du côté du nord-ouest et dans quelques murs de l’intérieur, les assises sont quelque peu irrégulières et les pierres de dimensions inégales, d’où la conclusion assez vraisemblable que ces constructions sont bien l’œuvre du même peuple, mais appartiennent à deux périodes différentes.

Cette enceinte circulaire est pourvue de trois entrées : la principale, large de 3 pieds seulement, se trouve au nord et fait face à la forteresse. Au-dessous de cette entrée est aménagée une assez solide substruction, et le court espace qui sert d’entrée est couvert d’une épaisse couche de ciment, composé de granit pulvérisé ; c’est ce même ciment qui a servi à la construction des marches par où l’on descend vers le centre des ruines. La présence de ce béton dans les travaux de consolidation du sol et de construction des escaliers prouve bien que c’est intentionnellement, et non par suite de leur ignorance de l’usage du mortier, que les constructeurs de ces édifices se sont abstenus de l’employer pour relier entre elles les pierres superposées de leurs constructions.

L’entrée du côté nord-ouest avait été murée : cette entrée, très étroite, était protégée à l’intérieur par deux contreforts ; entre ces deux entrées, il en existait une troisième dont le linteau était formé d’une poutre qui, dans sa chute, occasionnée par la vétusté, a entraîné avec elle la partie du mur située au-dessus.

La partie la plus intéressante du mur extérieur de cette construction est sans doute celle du sud-est. A quelques assises au-dessous du sommet, on aperçoit une bande ornementale comprise entre deux rangées de pierre disposées en forme de chevrons. M. W. Swan, le savant géomètre-astronome que s’était adjoint M. Bent, a été amené, par une série de (déductions scientifiques qu’il serait trop long de reproduire ici, à voir dans cette bande un symbole du signe du Verseau, et il en a conclu que l’édifice