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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/568

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La peinture anglaise contemporaine


I. SES ORIGINES PRÉ-RAPHAÉLITES


Il y a une peinture anglaise. Voilà ce qui frappe tout d’abord quand on visite, en quelque pays que ce soit, une exposition internationale des Beaux-Arts. Tant qu’on parcourt les salles consacrées à l’Allemagne, à l’Autriche, à l’Italie, à l’Espagne, à la Belgique, à la Hollande, voire même aux Etats-Unis ou aux pays Scandinaves, on se croit toujours en France ; et, de fait, on est toujours parmi des artistes qui habitent Paris, ou qui ont fait leurs études à Paris, ou qui, au moins, suivent de loin, ceux-ci la discipline de l’école, ceux-là le mouvement révolutionnaire des coteries parisiennes. Il faut un grand luxe d’écriteaux pour se persuader devant M. Sargent qu’on a mis l’Atlantique entre soi et l’atelier de M. Carolus Duran, ou même devant M. Werenskiöld qu’on a passé la Baltique et que M. Roll n’a pas été du voyage. Au contraire, dès qu’on entre chez les Anglais, on sent qu’on n’est plus chez des compatriotes et l’on doute si l’on est encore chez des contemporains. Il semble qu’on ait mis à son doigt l’anneau des contes de fées qui transporte sur une plage très lointaine et très inconnue. Je ne veux pas dire qu’il n’y ait de talens, ni même de talens personnels, qu’à Londres. Il y en a presque partout ; mais ni l’Allemagne, avec MM. Lenbach, Böcklin, de Uhde et de Werner, ni la Hongrie avec MM. Brozik et de Payer, ni les pays Scandinaves avec MM. Krojcr, ou Heyerdahl, ou Munsterhjolm, ni la Hollande avec MM. Ncuhuys ou Martens, ni l’Espagne avec M. Pradilla ou M. Sanchez Perrier, ni la Belgique avec MM. Wauters et Jean