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Page:Revue des Deux Mondes - 1894 - tome 125.djvu/113

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En 1873, six dames se consacrèrent à correspondre avec les quarante-cinq personnes qui s’étaient d’abord inscrites comme étudiantes. Aujourd’hui 190 dames professeurs sont en rapport avec 423 étudiantes, sans compter quarante-six clubs, représentés par un seul nom derrière lequel se tient un groupe nombreux réuni pour des raisons d’économie, auxquelles s’ajoute le plaisir du travail en commun. L’élève est traitée selon ses besoins spéciaux, quoiqu’une règle uniforme soit maintenue, sa correspondante appartenant à telle ou telle section d’un des six départemens qui composent le cercle des études et dont chacun a son chef. Le travail consiste en lectures, en notes prises de mémoire ; les résultats s’affirment dans une correspondance mensuelle comportant de fréquens examens à distance. Une minime cotisation annuelle, pour frais de poste et de bureau, assure la circulation de près de 2 000 volumes. On n’aborde à la fois qu’un sujet, deux tout au plus ; les intelligentes directrices redouteraient par-dessus tout cette culture superficielle et trop étendue qui est un défaut général en Amérique. Chaque étudiante choisit un des six départemens :

L’histoire, divisée en cinq sections. La section d’histoire ancienne comprend la littérature classique et même les auteurs grecs et latins, l’aide nécessaire étant donnée, si on le désire, pour l’étude de ces deux langues. L’économie politique ne va pas sans la théorie et l’histoire de la charité.

La science dans toutes ses branches, embrassant aussi l’hygiène, ce qui explique que la plupart des Américaines soient aussi savantes sur les questions de drainage, de chauffage, d’éclairage et de ventilation. Pour les sciences naturelles, on suit la méthode du professeur Agassiz : étudier sur clos échantillons, non sur des livres. Les herbiers, les collections de toute sorte circulent, comme font les portefeuilles de photographies et de gravures pour les étudiantes qui choisissent le troisième cours, celui des beaux-arts.

Au cours des beaux-arts se rattache une section de voyages imaginaires en Europe qui, dans ce pays de l’activité par excellence, fait les délices de toutes les femmes trop pauvres ou trop souffrantes pour voyager réellement.

Le quatrième cours est consacré à l’allemand ; le cinquième à l’étude en français de l’histoire et de la littérature française ; le sixième enfin à la littérature anglaise, la section de rhétorique comptant de très nombreuses étudiantes dont les compositions sont lues et corrigées avec soin.

Qu’il me soit permis, tout en admirant le reste, de souhaiter que