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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/925

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Une victime de Napoléon : la reine d’Étrurie. — Un brigand vénitien au XVIIIe siècle. — Articles divers sur des sujets d’histoire.


I

Dans une revue de fin d’année que joue en ce moment le Théâtre Cluny, le héros de toutes les revues de cette fin d’année, Napoléon Premier, s’étend avec complaisance sur ses vertus, les traits de courage et de générosité qui doivent le recommander à l’admiration des siècles. Et comme un de ses interlocuteurs, timidement, lui rappelle la mort du duc d’Enghien : « Parbleu ! s’écrie Napoléon, qui n’est pas homme à être embarrassé pour si peu ; parbleu, je m’y attendais ! J’étais sûr d’avance que vous alliez me parler de cette affaire-là ! C’est une plaisanterie qu’on ne rate jamais : dès qu’on veut m’ennuyer, vlan ! on me parle du duc d’Enghien ! » Et vous pensez bien que la rondeur de cette repartie suffit à désarmer l’interlocuteur de Napoléon, et tout l’auditoire : elle suffirait à désarmer la postérité tout entière.

Finissons-en donc, comme le veut le Napoléon du Théâtre Cluny, avec cette histoire du duc d’Enghien ; à être trop souvent rappelée, elle risquerait, en effet, de nous ennuyer. Mais je me demande ce que répondrait Napoléon, ou ce que répondraient en son nom ses apologistes d’aujourd’hui, si on lui rappelait tant d’autres circonstances où