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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/668

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persan prescrivit la surveillance de la frontière afghane du Khoraçan par des cordons militaires. On dit que cela ne tut pas fait ou ne le fut que pour la forme.

D’un autre côté, dès l’apparition du choléra en Afghanistan, le gouvernement russe, se rappelant les événemens de 1823, 1830, 1846 et comprenant le danger auquel il était exposé, décida une inspection sanitaire sur toute la ligne du chemin de fer transcaspien et fit installer des lazarets dans les principales stations. Si ces mesures avaient été rapidement et exactement exécutées, et si, surtout, au port d’embarquement sur la mer Caspienne, on avait fait une visite médicale sérieuse et une désinfection réelle du linge sale et des objets contaminés, il est permis de penser que la maladie aurait pu être arrêtée.

Mais la soudaineté de l’invasion a paralysé toutes les bonnes volontés et empêché l’exécution des mesures prescrites. Le foyer de la Transcaucasie orientale a été des plus intenses ; il y avait, là des difficultés considérables à vaincre, tant à cause de la violence de l’épidémie que de sa marche rapidement envahissante. On avait affaire, dans ces régions orientales, à des populations misérables qui n’offraient aucune résistance à l’épidémie, buvaient l’eau de leurs puits infectés, et qui aggravaient encore la situation en enterrant les morts dans leurs habitations, leurs cours, leurs jardins, les recouvrant seulement de quelques centimètres de terre. Plus tard, le gouvernement russe a fait beaucoup, surtout après les premières paniques et les premières émeutes, et il est arrivé à limiter les désastres dans les grandes villes comme Tiflis, Moscou et Saint-Pétersbourg.


IX. — L’EPIDEMIE DE 1865 INAUGURE LA VOIE MARITIME.

La grande épidémie de 1865 vient inaugurer la voie maritime. Elle a montré que le danger n’est pas localisé à la mer Caspienne, mais qu’il réside aussi du côté de la mer Rouge. Là ne se borne pas le rôle important de l’invasion de 1865 ; au point de vue de la transmission elle a bouleversé les doctrines jusque-là eu vigueur. La panique qu’elle produisit en Europe provoqua la réunion de la Conférence, de Constantinople, convoquée sur l’initiative du gouvernement français, et où Fauvel représenta la France avec éclat.

Il est intéressant de suivre dans quelques-unes de ses phases cette épidémie, dont l’influence sur les doctrines régnantes a été si considérable.

C’est à la Mecque que l’épidémie a eu son point de départ. Elle avait été importée dans le Hedjaz par des navires provenant