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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/651

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New-York, en a présenté de nombreux pendant son voyage de retour de New-York au Havre. La grippe, apportée par les steamers venant de Brême et de Hambourg, avait en effet envahi New-York avant d’être parvenue au Havre.

Parsons, dans son rapport au Local Government Board sur cette même épidémie, cite l’exemple des gardiens de phare, qui sont exposés à toutes les intempéries, mais dans un état d’isolement presque absolu. Sur les 400 gardiens qui habitent les 51 bateaux-phares et les 16 phares fixes répartis sur les côtes de la Grande-Bretagne, 8 seulement ont été atteints par l’influenza, et dans les 8 cas le sujet a été exposé à la contagion.

Il eût été intéressant de comparer la marche des épidémies de grippe qui ont sévi durant les siècles derniers et au commencement du nôtre avec celle de l’épidémie de 1889-1890, de rechercher l’influence du plus ou moins de rapidité des communications sur la rapidité de l’expansion et de la dissémination de la maladie Malheureusement, nous n’avons pu nous procurer à cet égard que des documens qui ne sont ni très précis, ni très concluans. Les grandes épidémies de grippe qui ont présenté une marche analogue à celle de 1889-1890 ont été observées en 1729, 1732, 1782, 1831, 1833, 1837. En 1729, la grippe ne se montra à Paris que neuf mois après Moscou. En 1782, il y eut entre l’apparition de la maladie à Saint-Pétersbourg et son invasion à Paris un intervalle de cinq mois. En 1831, l’intervalle fut de quatre mois ; en 1833, de trois mois et demi. Cet intervalle, comme il est facile de le remarquer, fut beaucoup plus considérable qu’en 1889. Cependant, dans les épidémies de 1732 et 1837, il n’a été que de deux à trois mois. Comme on le voit, la diffusion de la grippe a pu être assez prompte alors même que les moyens de communication étaient moins rapides qu’aujourd’hui.


III. — LES FIÈVRES ERUPTIVES.

Les fièvres éruptives ne donnent plus lieu de nos jours à de grandes épidémies. On remarquera toutefois qu’à certaines époques et dans des circonstances particulières, la variole a dépassé en gravité la peste ; que la rougeole a produit l’épidémie sévère des îles Feroë ; et que la scarlatine, qui est souvent d’une bénignité rare, et à laquelle Sydenham contestait même le nom de maladie, présente quelquefois une gravité telle, que les médecins écossais de la fin du siècle dernier, en France Bretonneau et Trousseau, nous ont appris « à la redouter à l’égal du typhus et de la peste ».

L’influence de la rapidité et de la facilité des moyens de communication sur la rapidité et la facilité de la transmission des