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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/647

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La mode nuit plus à la science quelle ne la sert. Elle donne à la foule des gens incompétens l’envie et l’occasion de traiter des questions qu’elle met en lumière sans les rendre plus claires, et ne favorise que le développement de l’erreur. Les incertitudes de l’opinion en matière d’hygiène et de prophylaxie suffiraient à le prouver s’il en était besoin.

Bien que le rôle des communications humaines dans le transport des germes morbides soit aujourd’hui scientifiquement démontré, il est régulièrement contesté, chaque fois qu’une épidémie vient à éclater. Il serait peut-être temps, — et c’est ce que nous avons voulu faire, puissamment aidé en cela par les enquêtes de nos savans collaborateurs les médecins sanitaires français de Constantinople, d’Alexandrie, de Beyrouth et de Suez ; — il serait peut-être temps de mettre au point tant d’opinions, qui flottent des jeunes paradoxes aux vieux préjugés, en prenant successivement comme exemples la grippe, les fièvres éruptives, les maladies typhiques, la peste, la fièvre jaune ; plus longuement et surtout (car c’est pour lui que la démonstration a été la plus complète, parce que l’observation a été plus minutieuse) le choléra.


I. — LA MARCHE ET LA PROPAGATION DES GRANDES ÉPIDÉMIES.

Les grandes épidémies, dites aussi maladies populaires, auxquelles les anciens et même quelques auteurs modernes, frappés de leur allure en apparence si étrange, avaient attribué un caractère spécial de mystère et d’obscurité, aliquid obscurum et divinum,