Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/483

Cette page n’a pas encore été corrigée


REVUE. CHROMQLE. 477

LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE

Le mois d’octobre avait fort mal fini pour plusieurs fonds d’États étrangers, un vent de panique soufflait dans cette direction. La rente italienne, après avoir mis trois mois à reculer de 92 à 84, venait de reculer en 15 jours de 84 à 78.50, et l’imagination des baissiers ne voyait plus de limite à cette dépréciation d’un fonds frappé d’antipathie et soi-disant signalé à la vindicte publique. Il était difficile cependant de ne pas voir que la déroute de la rente italienne était due, pour une bien plus grande part, à des ventes d’Allemagne et d’Italie même qu’à une hostilité, déclarée ou mystérieuse, du monde financier français. En tout cas ce malheureux fonds a été compensé, à la liquidation de fin octobre, au plus bas cours où la débâcle l’eût encore précipité, 78.50. La défaveur s’était étendue en même temps aux valeurs austrohongroises, soit sous l’influence de considérations de politique internationale ou de finance sentimentale, soit simplement parce que la crise ministérielle, résultant de la démission du comte TaafTe, avait mis en désarroi le maiché de Vienne où la hausse était devenue depuis de longs mois comme une seconde nature. Le 4 pour 100 hongrois, fonds d’État hautement estimé et qui semblait à l’abri des orages ou des caprices de la spéculation, venait de baisser subitement de 93 à 91 1/2 ; les valeurs principales de la monarchie, entre autres la Creditanstalt, le Crédit Foncier d’Autriche, les Chemins Autrichiens et les Lombards, subissaient une réaction proportionnelle.

D’autre part des ventes continues s’abattaient sur l’Extérieure, le gouvernement de Madrid se trouvant, pour l’expédition de Melilla, aux prises avec des difficultés bien plus sérieuses qu’on ne l’avait présumé d’abord ; puis des catastrophes inouïes fondaient sur le pays, l’explosion de Santander, l’attentat anarchiste à Barcelone. La rente espagnole, compensée à 60.80, a été un moment refoulée jusqu’au-dessous de 59. Le Portugais, enfin, perdait le cours de 20, sur le bruit que le gouvernement de Lisbonne ne paierait plus en or même le tiers du montant du coupon, bruit qui a été immédiatement démenti. Le Brésilien était offert à Londres et à Paris jusqu’au-dessous de 54 sur la prolongation de la guerre civile.

Les dispositions générales étaient donc fort peu optimistes à la fin du mois dernier. La première quinzaine de novembre les a sensiblement améliorées sous l’influence d’un vigoureux mouvement de hausse