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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 120.djvu/472

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 novembre.

La déclaration ministérielle dont M. Charles Dupuy donnera aujourd’hui lecture à la Chambre a pour but de démontrer au pays que rien n’empêche un habile homme de fabriquer un cabinet modéré avec des ministres radicaux, et un ministère homogène avec des élémens qui ne le sont pas. C’est sans malice que nous constatons la chose et que nous souhaitons bonne chance au ministère, renouvelé, non dans ses membres, mais dans son esprit.

S’il est malaisé en effet à un homme politique de passer de droite à gauche et à un rallié d’entrer dans le royaume républicain, il est beaucoup plus facile d’émigrer de l’extrême gauche au centre, — qui veut le plus peut le moins, — et de faire revenir en arrière un personnage « avancé ». L’histoire est là qui le prouve. C’est pourquoi M. le Président du Conseil, à qui il répugnait de débarquer, ou pour mieux dire de jeter par-dessus bord une bonne moitié de ses collègues, leur a tendu au contraire une perche secourable. Il a invité les titulaires actuels de portefeuilles à présenter la Hste des projets de loi que, dès la rentrée, ils comptaient soumettre aux Chambres. Cette liste comprend, outre les projets complètement inédits, ceux qui déjà étaient en instance devant le Sénat, ou qui, présentés seulement aux députés, avaient été rendus caducs par la fin de la législature. L’idée de M. Dupuy, en de-