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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 119.djvu/416

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« flegmatiques ou lymphatiques, » on reconnaîtra encore que la première sorte d’activité est plus masculine, la seconde plus féminine. Si bien qu’en résumé, l’un des sexes, étant plutôt sanguin-colérique, est par cela même sensitif vif et actif ardent ; l’autre, étant nerveux-lymphatique (dans le sens où ces mots indiquent des états sains et non maladifs), est par cela même sensitif intérieur et actif modéré. Assurément, les quatre tempéramens se mêlent dans les divers sexes et aux divers degrés de l’échelle animale ; mais, dans tout ce qui a rapport au sexe même et à ses fonctions propres, vous êtes sûr de voir reparaître les traits caractéristiques de l’élément masculin et de l’élément féminin. L’homme le plus doux et le plus passif, le plus féminin d’ordinaire, redeviendra actif et entreprenant en amour ; la femme la plus sanguine et la plus « colérique » redeviendra comparativement douce, patiente, intimement sensitive, dans les fonctions de l’amour et de la maternité. Une théorie complète du tempérament doit donc le considérer tour à tour, comme nous essayons de le faire, sous deux aspects : celui des fonctions de nutrition et celui des fonctions de propagation. Au point de vue de la nutrition et de la croissance individuelle, c’est-à-dire des échanges intimes de la matière vivante, un individu d’un sexe quelconque pourra offrir les traits de tel tempérament spécial ; mais, au point de vue des fonctions qui ont pour objet l’espèce, le sexe masculin manifestera presque toujours le caractère actif et ardent qui le distingue, le sexe féminin son caractère réceptif, calme, tendre et maternel.

Pour passer des principes aux applications, examinons de plus près, dans l’espèce humaine, les diversités mentales qui portent sur la sensibilité, sur l’intelligence, sur la volonté. Nous avons déjà dit que la montée de la vie, chez la femme, devant aboutir à l’organisation de l’enfant, entraîne une direction prépondérante vers les viscères ; de là un développement considérable du grand sympathique, qui, dans le système nerveux, est leur représentant. Or, nous savons que les émotions viennent en majeure partie du contre-coup des organes internes et des vibrations qu’ils envoient au grand sympathique. Le caractère de la femme sera donc particulièrement émotionnel. Son système nerveux est d’ailleurs plus excitable, ses actions réflexes plus intenses, ce qui entraîne une sensibilité plus vive. Elle connaît davantage, en particulier, et l’intensité et la variété de la souffrance. Il y a des types de suprême douleur que le peuple a toujours incarnés dans une femme.

Il faut distinguer la sensibilité affective, c’est-à-dire le pouvoir d’éprouver des émotions internes, d’avec la perception, qui saisit les qualités des choses extérieures. Certains expérimentateurs,