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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/84

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VIEILLE HISTOIRE PEEMIERB PARTIE. Les chiens et les hommes dormaient encore. Six heures venaient de sonner à toutes les horloges de ***, quand M. de Bionne tra- versa la grand’place pour aller inspecter les sculptures du porche de laf^paroisse Notre-Dame. Il se demandait ensuite par où il pour- rait gagner une des entrées de la ville pour faire le tour des murs, quand.il aperçut une jeune fille qui se dirigeait vers l’église, suivie de sa femme de chambre. Il s’approcha dans le temps qu’elles arrivaient et demanda son renseignement. Ce fut la jeune fille qui le lui donna de toute l’obli- geance du monde. Il la remercia et s’éloignait en saluant, lorsque, tout occupé de l’indication reçue, il ne s’aperçut pas qu’il mettait le pied dans une flaque de boue causée par la pluie de la nuit, et s’éclaboussa outrageusement des pieds à la tête. La jeune fille fit un grand éclat de rire, et, comme M. de Bionne se retournait, lui dit d’une voix entrecoupée : — Oh! pardon... monsieur.., pardon.., et se remit à rire de plus belle. Il est désagréable de se sentir le visage et les vêtemens pleins de boue : il est mortifiant de voir que cet état ridicule excite le rire de quelqu’un, surtout le rire d’une jeune fille. M. de Bionne eut un mouvement d’impatience, qu’un esprit peu charitable qua-