Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/639

Cette page a été validée par deux contributeurs.


LA
NAVIGATION AÉRIENNE


Un savant des plus autorisés a exposé ici même[1] où en était, il y a quelques années, ce qu’on appelle la conquête de l’air. Il a rappelé les efforts persévérans, mais trop souvent mal dirigés, de tous ceux qui ont été à la recherche de cette nouvelle Toison d’or. Il nous a retracé les enthousiasmes de la première heure, à la suite de l’apparition de la première montgolfière, les essais infructueux souvent suivis de catastrophes dont la ruine des inventeurs était la plus ordinaire ; puis les déceptions, la lassitude après l’engouement, l’indifférence enfin, la morne indifférence, pire que l’hostilité, plus humiliante que la contradiction. N’étaient quelques tentatives mieux conçues, le judicieux écrivain se serait montré disposé à répéter le mot de Franklin et à dire encore de l’aérostation, un siècle cependant après la merveilleuse ascension d’Annonay : « C’est l’enfant qui vient de naître. »

En est-il encore de même ? L’enfant est-il toujours dans les langes ? Ou plutôt n’a-t-il pas grandi ? N’a-t-il pas appris à se connaître ? Ne saura-t-il pas bientôt se diriger, et, amoureux d’espace, de liberté, de grand air et d’idéal, ne sent-il pas lui pousser

  1. Voir, dans la Revue du 1er janvier 1885, les Ballons, par J. Jamin.