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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/397

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Toute l’eau tombée sur une terre nue ne la traverse pas pour arriver jusqu’aux drains : si pendant l’hiver presque toute la pluie est évacuée par les drains, pendant le printemps une partie seulement de l’eau est recueillie ; une fraction importante est évaporée ; cette fraction devient considérable pendant l’été, la terre est échauffée par les radiations solaires et l’évaporation enlève presque la totalité de l’eau tombée. Il n’en est plus ainsi à l’automne ; à mesure que la température baisse, l’évaporation s’amoindrit et l’eau recueillie augmente.

Quand on analyse l’eau de drainage aux diverses époques de l’année pour déterminer les nitrates qu’elle entraîne, on n’en trouve qu’une faible quantité en hiver, la proportion augmente pendant le printemps, devient notable en été et à l’automne. — En multipliant le poids d’azote nitrique contenu dans chaque litre d’eau écoulée, par le nombre de litres recueillis, on obtient la quantité d’azote nitrique produite aux différentes époques. Si, enfin, on prend la moyenne des nombres obtenus par l’étude des eaux de drainage de terres très différentes les unes des autres, pendant les années 1890, 1891 et 1892, puis qu’on les rapporte à la surface sur laquelle portent toutes les comparaisons agricoles, à l’hectare de 10,000 mètres carrés, on arrive aux nombres suivans, singulièrement instructifs :

Azote nitrique produit par hectare :


Printemps 17 kil. 8
Été 26 kil. 4
Automne 40 kil. 6
Hiver 11 kil. 8

Nous avons déjà indiqué qu’une bonne récolte moyenne exige environ 100 à 120 kilos d’azote combiné. Or cet azote doit être à la disposition de la plante pendant le printemps et le commencement de l’été ; dès la fin de juin, le blé ou l’avoine n’assimilent plus ; la betterave, il est vrai, absorbe les nitrates formés plus tardivement, mais sans grande utilité ils s’emmagasinent dans la racine où ils sont singulièrement gênans, nuisant à la santé des animaux qui consomment ces betteraves ou entravant l’extraction du sucre. — En réalité, les nitrates du printemps et ceux du commencement de l’été sont les seuls utiles ; ceux qui se forment pendant la fin de l’été, l’automne et l’hiver sont habituellement entraînés par les eaux de drainage, jetés aux rivières, à la mer, perdus.

Les chiffres précédens montrent que la nitrification au printemps est absolument insuffisante. Il est facile d’en comprendre la raison :