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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/304

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Rhodes et dans les vallées du Liban, persistent à croire que nous sommes encore la nation la plus redoutable par l’épée et la plus grande par le cœur. Cette haute magistrature, qui n’a jamais été invoquée en vain par les populations chrétiennes de l’Orient, est une consolation et un motif d’espérance pour ceux qui craignent de voir s’éteindre le rayonnement extérieur de notre patrie. La laisserons-nous détruire par les politiciens malfaisans qui ont déjà ruiné, en Egypte, une influence conquise par tant de braves gens, au prix de tant d’efforts ?

Dans cet empire moral, que se partagent nos agens de l’Archipel et des Échelles, la circonscription du consul-général de Smyrne comprend spécialement l’archevêché de Smyrne : ce siège s’est perpétué, sans grandes modifications, depuis les premiers temps de l’Église ; le titulaire actuel, Mgr Timoni, administre les franciscains récollets de Sainte-Marie, de la paroisse de Bournabat et de Magnésie du Sipyle, les capucins de Saint-Polycarpe [1], dont l’établissement date de l’année 1610, la mission du Sacré-Cœur, instituée depuis plus de cent ans, la mission des Dominicains, venue de Perse en 1750, la mission d’Aïdin, fondée en 1846 par des Arméniens appartenant à l’ordre des pères Mékhitaristes, dont la maison mère est à Vienne. De l’autorité archiépiscopale dépendent plusieurs établissemens d’instruction publique : le collège dit de la Propagande, dirigé depuis 1845 par les Lazaristes ; les cinq écoles des frères de la doctrine chrétienne ; le pensionnat des dames de Sion ; les orphelinats et les écoles primaires des Filles de la Charité ; l’institut italien des sœurs de l’Immaculée-Conception d’Ivrée, fondée à Smyrne, au quartier de la Pointe ; l’institution des religieuses franciscaines de Rhodes [2].

  1. Saint Polycarpe, premier archevêque de Smyrne, est très vénéré dans tout le diocèse.
  2. L’ensemble des garçons et filles qui fréquentent les écoles ci-dessus mentionnées atteint le chiffre de 2,385 élèves, qui se répartissent ainsi par nationalités :
    Sujets ottomans 818
    Italiens 414
    Hellènes 403
    Français 317
    Autrichiens 216
    Anglais 121
    Hollandais 35
    Russes, Allemands et autres 58


    Voyez Smyrne, situation commerciale et économique des pays compris dans la circonscription du consulat-général de France (Vilayets d’Aïdin, de Komieh et des îles), par F. Rougon, consul-général de France. Paris ; Berger-Levrault, 1892.