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Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/154

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indique la proportion respective des expéditions de détail, de 5 tonnes et de 10 tonnes de 1875 à 1882.


1875 1876 1878 1880 1883
Expéditions de détail 11.5 11.2 8.1 6.3 5.6
Chargemens de 5,000 kil. 42.3 37.9 13.5 6.1 5.1
Chargemens de 10,000 kil. 46.2 50.9 78.4 87.6 89.3
100. » 100. » 100. » 100. » 100. »

Il est probable que cette transformation s’est traduite en définitive par une perte de recette pour le chemin de fer, en raison de la prépondérance considérable prise par les expéditions taxées aux plus bas prix ; mais c’est là une modification des conditions du transport et non un abaissement de tarif, d’autant plus que cette mesure a eu pour contre-partie, soit une gêne pour les commerçans qui ont condensé eux-mêmes leurs expéditions, soit une dépense pour ceux qui ont eu recours aux groupeurs.

Tel qu’il a été défini plus haut, le système de 1878 paraît consister en quelques tarifs très simples, applicables sans distinction de provenance ou de destination. Ceux qui estiment, sous prétexte d’équité, que la tarification d’un réseau doit reposer sur des formules rigides dispensant uniformément les prix de transport dans toutes les directions, ont vanté le mérite de ce système, et lui ont reconnu, outre l’avantage de la simplicité, celui d’être fondé sur l’égalité la plus absolue et de ne favoriser aucune région par rapport à une autre, aucun courant de transport au détriment d’un concurrent. Cela peut être vrai en théorie, mais c’est inexact en fait, à cause des tarifs exceptionnels.

L’origine de ces tarifs est la suivante. Avant la réforme de 1878, certaines régions industrielles, certains districts manufacturiers comme ceux du Rhin ou de la Westphalie avaient obtenu des tarifs extrêmement réduits qui leur permettaient d’écouler leurs produits dans des conditions très favorables. Il était impossible de songer à substituer à ces tarifs l’application pure et simple des bases normales nouvelles, qui étaient beaucoup plus élevées ; les situations acquises eussent été troublées profondément, et l’État, qui était en train de racheter ces lignes, eût vu se former contre lui un vit courant d’opposition. On corrigea donc l’effet de la réforme en laissant subsister ou même en créant des prix spéciaux pour certaines marchandises ou pour certains parcours. Tel est l’objet des tarifs dits exceptionnels ; on se fera une idée de leur importance en considérant qu’ils régissaient, en 1879-1880, 64 pour 100 du tonnage kilométrique et 50 pour 100 de la recette des marchandises sur les chemins de fer de l’État prussien.