Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1893 - tome 117.djvu/152

Cette page n’a pas encore été corrigée


L’initiative de la réforme des tarifs de 1878 appartient donc incontestablement aux compagnies privées, et les chemins de fer de l’État prussien, qui s’en étaient désintéressés au début, se sont bornés ensuite à accepter un projet qui avait reçu l’approbation unanime des autres administrations.

La connaissance des circonstances qui ont motivé et amené cette réforme permet d’envisager celle-ci sous son véritable jour. Ce que les administrations de chemins de 1er ont cherché à réaliser, pour donner satisfaction tant à leurs propres intérêts qu’aux réclamations du public, c’est l’uniformité de tarification, la suppression des inégalités qui existaient d’une région à l’autre, l’ordre, la simplicité et la clarté des tarifs. Cette œuvre, par cela même qu’elle émanait de la libre initiative des administrations de chemins de fer, ne pouvait s’accomplir que sous forme d’un compromis entre les diverses tarifications existantes, surtout entre les deux régimes diamétralement opposés qu’on rencontrait alors en Allemagne, l’un qui ne considérait que le poids des chargemens ; l’autre, qui tenait compte surtout de leur valeur. C’est là l’explication du système mixte qui est en vigueur aujourd’hui et qui repose à la fois sur le tonnage et sur la classification.

On connaît ses traits essentiels : les marchandises de toute espèce remises en petite vitesse par chargemens inférieurs à 5,000 kilos sont taxées au prix unique de 11 pfennings [1] par tonne et par kilomètre. Les chargemens de 5,000 kilos paient soit le prix du tarif général A1, qui est le même pour toutes les marchandises, soit, s’ils sont composés de marchandises nommément désignées dans le tarif spécial A2, le prix unique de ce tarif. Les remises de 10,000 kilos sont taxées soit au prix unique du tarif général B, soit, si elles sont dénommées dans l’un des tarifs spéciaux 1, 2 ou 3, au prix unique que comporte chacun de ces tarifs. Enfin, il existe un certain nombre de tarifs exceptionnels, sur lesquels nous reviendrons plus loin.

  1. Le pfenning vaut 0 fr. 0 125 de notre monnaie.