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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 114.djvu/170

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voisinage et des anxieuses réclamations qui ont accueilli le projet. Une épaisse zone boisée devra séparer les terrains d’Achères du parc de Mansart. Ces divers retranchemens effectués, il restera une superficie de 800 hectares. Son affectation à l’irrigation a donné lieu à une convention entre l’État et la ville de Paris, ratifiée par une loi. Les terrains restent la propriété de l’État ; la ville n’en est pour le moment que locataire, et à des conditions assez onéreuses. L’entreprise est déclarée d’utilité publique, ce qui entraîne la faculté d’exproprier pour l’établissement de l’aqueduc. Cet ouvrage aura 15 kilomètres de long. Il est calculé de façon à pouvoir débiter au besoin 3,750 litres à la seconde, c’est-à-dire 323,000 mètres cubes en vingt-quatre heures. — Cependant, la loi a limité à 40,000 mètres cubes par hectare la quantité maxima d’eau d’égout qui pourrait être épandue en un an sur les terrains des garennes. C’est 32 millions de mètres cubes annuels pour toute la superficie ; ce qui revient à une consommation journalière moyenne de 86,000 mètres cubes. Pourquoi alors vouloir donner à la conduite d’Achères la faculté d’en débiter près de quatre fois plus ? Espérons qu’on y a été déterminé par une prévision d’avenir dont il convient de louer la sagesse.

Comme on le voit, le projet actuel n’est pas aussi grandiose que le pourrait faire croire le bruit qui se fait autour de lui. — On pourra épurer au plus 32 millions de mètres cubes à Achères. Gennevilliers, quand on y disposera de 1,000 hectares, ce qui n’est pas encore réalisé, pourra en utiliser de 40 à 50 millions. — C’est 72 à 80 millions, tout au plus, et le volume actuel est de près de 146 millions. Il sera demain de 175 millions quand la déviation de l’Avre sera terminée. Dans un avenir prochain, il sera de 220 millions, quand on se sera décidé à pourvoir aux nécessités qui commencent à se manifester. On ne va donc, sur les champs d’irrigation, utiliser aujourd’hui que la moitié et demain que le tiers du débit futur. Que fera-t-on du reste ? Continuera-t-on à le déverser dans la Seine ? Il n’y faut pas penser. La seule conclusion possible est qu’Achères n’est qu’un acheminement vers la solution complète. On paraît compter sur les demandes d’eau d’irrigation que pourront faire les habitans des communes traversées par la conduite, Asnières, Colombes, Argenteuil, Houilles, Sartrouville, Achères elle-même. Il y a là, en effet, un territoire de près de 6,000 hectares. Mais toutes les parties n’en sont pas accessibles à l’irrigation, et nombre de propriétés n’y sont pas à l’état de cultures agricoles. Au lieu de s’en tenir à de simples espérances, ne vaudrait-il pas mieux consolider par des traités en règle ce qui n’est encore qu’à l’état de promesse ou de demande plus ou moins précise ? Il conviendrait aussi de tenir compte de diverses circonstances dont le résultat doit être une