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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/893

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nationalité, la ville de Khiva ne possède qu’un grand caravansérail, situé au centre même du bazar et construit sous le règne d’Ali-Kouli-Khan, et des petits caravansérails peu importans. C’est un grand bazar pour une ville de 15,000 âmes, mais, ni comme animation des rues, ni comme importance commerciale, on ne saurait le mettre en parallèle avec les bazars de Bokhara, Tachkend, Samarcande ou Kokan, qui lui sont de beaucoup supérieurs. Il y a, à Khiva, deux jours de marché par semaine, et il n’y a de l’animation que pendant quatre heures environ. Le bazar de Khiva contient en abondance des cotonnades et des produits russes de diverses sortes. Les produits anglais n’y pénètrent plus aujourd’hui.

Outre le grand bazar, il y a dans diverses parties de la ville des bazars de quartier ne comprenant que quelques boutiques où l’on ne trouve que les objets de première nécessité. La forme des boutiques est la même qu’à Alger, Tunis, Constantinople, Bokhara. Elles sont étroites, peu profondes, et le marchand se tient accroupi sur le devant. Sauf quelques boutiques de riches commerçans bien achalandées, la plus grande partie d’entre elles ne contient de marchandises que pour une valeur minime. C’est un tout petit commerce de détail, et l’on se demande comment une si petite entreprise peut subsister au milieu de la série des autres boutiques du bazar vendant des produits analogues. Mais ce petit boutiquier ne disposant que d’un capital minime, nous le retrouverons dans toute l’Asie, nous le verrons même apparaître au milieu des centres russes, en voie de formation, s’y implanter peu à peu, lutter avantageusement avec son concurrent russe, lutte commerciale entre le vainqueur et le vaincu et de laquelle le vainqueur ne sortira pas toujours victorieux. La plus grande partie des boutiques ne sont ouvertes que deux jours par semaine, jours de marché. Pendant les autres jours, les débitans de thé et les petits boutiquiers ouvrent seulement les leurs. C’est là que toutes les nouvelles, bruits du jour, passent de bouche en bouche ; tout se sait ou s’invente, et les marchands, tranquillement assis ou couchés devant leur étalage, causent en attendant les cliens.

La ville possède un certain nombre de mosquées et de médressés. Ces édifices portent en général le nom du pieux fondateur qui les a créés. Beaucoup de mosquées consistent en un simple auvent soutenu par des colonnes en bois sculpté. Quelques peintures de fleurs ornent le mur du fond. Le sol est couvert de nattes de roseaux. L’aspect en est riant et gracieux.

La médressé n’a point cet aspect calme et sévère qu’un lieu d’étude et de prière pourrait suggérer à l’esprit. Sans doute la chaleur de l’été, l’aspect du ciel bleu, le besoin de vivre dehors, peuvent, jusqu’à un certain point, y contribuer ; mais on sent, en