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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/379

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civil ce qui est fait pour le militaire. Une école normale de gymnastique ne servirait pas seulement à former des maîtres, mais aussi à perfectionner les méthodes d’éducation physique. Notre gymnastique française est fort mal adaptée, nous l’avons dit et répété, à l’éducation des enfans ; mais il existe d’autres systèmes de gymnastique. Nous avons vu combien le système suédois est supérieur au nôtre au point de vue hygiénique et pédagogique, combien les mouvemens qu’il enseigne se rapprochent davantage des mouvemens naturels. Si nous avions l’enseignement supérieur que nous réclamons, il serait facile d’organiser des études comparatives entre nos méthodes d’éducation physique et celles des autres pays. On analyserait scientifiquement les mouvemens, on étudierait leur influence sur les divers organes du corps et on préciserait la valeur hygiénique de chacun d’eux suivant les cas et les sujets ; on ferait comprendre aux maîtres qu’il n’y a pas un exercice qui soit « le meilleur de tous, » mais que le meilleur exercice pour un sujet donné est celui qui s’adapte le mieux à son âge, à sa constitution et à ses aptitudes.

Les études dont nous parlons ici sont déjà depuis longtemps commencées, et on ne pouvait certes les confier à plus compétent. Voilà déjà un assez grand nombre d’années que M. Marey, l’éminent membre de l’Institut, a été chargé d’étudier les mouvemens de l’homme et que, dans son laboratoire du Parc-aux-Princes, annexe du Collège de France, il applique à la solution du problème de l’éducation physique les ingénieux procédés de la méthode graphique et de la chronophotographie. M. Marey a déjà obtenu de magnifiques résultats avec le concours de son distingué préparateur M. Demeny. Mais leurs travaux, connus déjà partout à l’étranger, sont restés encore à l’état de travaux de laboratoire. Il faudrait en vulgariser les résultats dans des cours et en faire une application directe. Un enseignement spécial est nécessaire pour cela. Il est vrai qu’une chaire vient d’être créée et que le chef du laboratoire du Parc-aux-Princes, M. Demeny, a été tout récemment chargé d’un cours d’éducation physique, auquel sont conviés tous les professeurs de gymnastique et instituteurs. Ce n’est pas encore une organisation complète, mais c’est un grand pas en avant. Le plus difficile en France, c’est de commencer. Espérons que d’autres mesures du même ordre ne tarderont pas à suivre celle-ci.

En Allemagne, en Autriche, en Italie, partout en Europe, on se préoccupe vivement aujourd’hui du problème de l’éducation physique, et partout, il faut bien l’avouer, on est en avance sur nous. L’Allemagne et l’Autriche ont des Écoles normales de gymnastique pédagogique où les professeurs doivent étudier pendant un an