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Page:Revue des Deux Mondes - 1892 - tome 112.djvu/377

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officiellement reconnue, et une notable partie du nouveau Manuel a été consacrée à la description des principaux jeux et à l’exposé de leurs règles.

Pendant que, de tant de côtés divers, on travaillait ainsi à la réforme de l’éducation physique » il se produisit un événement de nature à encourager l’ardeur de ceux qui cherchaient la solution du problème. Un généreux donateur, M, Bischoffsheim, mit à la disposition du ministre de l’instruction publique une somme de 5,000 francs pour récompenser les auteurs des meilleurs travaux pratiques tendant à l’organisation des jeux scolaires. Plus de soixante candidats présentèrent des travaux originaux dont les uns exposaient, les avantages théoriques des jeux et, les autres en étudiaient l’application. On recueillit ainsi une riche moisson de documens scientifiques ou pratiques, et chacun des mémoires vint apporter un plaidoyer de plus à la cause des jeux de plein air.

Aujourd’hui la partie semble gagnée, au moins en principe. Les deux réformes essentielles sont décrétées. On a augmenté le temps consacré aux exercices physiques et on a modifié la forme de ces exercices. Mais il va falloir compter avec les difficultés d’application. L’exercice par les jeux demande d’assez grands espaces. Bien des jeux peuvent se pratiquer dans l’intérieur des lycées ou des écoles. Le nouveau Manuel prévoit même, sous le nom de a jeux d’intérieur, » des exercices qui peuvent avoir lieu dans des salles closes. Mais le principe même de la réforme que nous étudions ici, c’est de jouer dans de grands espaces, car le « plein air, » au point de vue de l’hygiène, est aussi essentiel que l’exercice même. Et c’est là que commencent, les difficultés. A la campagne ou dans les villes de province, on peut, sans aller bien loin, trouver des champs et des pelouses. A Paris, les jeux de plein air sont difficiles à installer. Toutefois, beaucoup d’établissemens sont proches de nos grands jardins publics et peuvent les utiliser. D’autres peuvent profiter du voisinage du bois de Boulogne, du bois de Vincennes. Les établissemens placés dans les quartiers excentriques peuvent même trouver sur les terrains des fortifications des emplacemens suffisans pour les plus grands jeux. Mais il faut compter avec ceux qui sont placés au centre de Paris et loin des jardins publics. Comment, feront ceux-là ? Ici se rencontre évidemment une sérieuse difficulté. Il y a deux manières de la résoudre, mais toutes les deux, il faut l’avouer, sont onéreuses, La première consisterait à acheter dans plusieurs quartiers de Paris des emplacemens de grandeur suffisante, situés à portée des écoles ou des collèges et affectés spécialement aux jeux scolaires. C’est ainsi qu’on a procédé dans les grandes villes d’Allemagne. Les municipalités