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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/947

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Monsieur le Directeur,

M. le comte d’Haussonville, de l’Académie française, a publié dans la Revue des Deux Mondes du 15 novembre un article intitulé Madame Ackermann, d’après des lettres et des papiers inédits. Dans cet article il est question de mon père, qui était en correspondance suivie avec Mme Ackermann, et qu’elle avait pris l’habitude de consulter sur les brouillons de ses poésies. Ce qui est dit de lui appelle une réponse, dont j’attends l’insertion de votre loyauté et de votre respect du vrai.

M. d’Haussonville résume à sa façon certains avis qu’il suppose avoir été donnés à Mme Ackermann, par M. Ernest Havet, à l’occasion d’un petit poème qu’elle lui a dédié, le Pascal. A sa façon aussi, il apprécie ces avis imaginaires : « Ne fût-ce qu’au point de vue de l’art, il était impossible de donner un conseil moins intelligent. » C’est là un écart de langage, mais le fait est faux. Mon père n’a pas donné à Mme Ackermann le prétendu conseil, et M. d’Haussonville ne saurait appuyer son assertion sur rien. Je puis dire exactement la vérité, car non-seulement la sœur et le neveu de Mme Ackermann ont bien voulu me communiquer le dossier dont M. d’Haussonville avait fait usage, mais j’ai sous les yeux les lettres de Mme Ackermann à mon père, et de plus les documens les plus topiques, les lettres de mon père à Mme Ackermann,