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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 108.djvu/855

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épithète, province de l’Inde, héritière de tous les droits du royaume d’Ava, se compose de quatre parties. L’une, au sud, formait l’ancienne Birmanie britannique, appelée aussi quelquefois Pegou, du nom d’un royaume indigène que les Birmans avaient conquis et qu’en 1826 les Anglais annexèrent, avec d’autres districts, au gouvernement de l’Inde ; les trois autres formaient le royaume indépendant de Birmanie. Ce sont : au centrera Birmanie proprement dite, habitée en majorité par des Birmans et par les descendans de races aborigènes, au nord et au nord-ouest, la Birmanie septentrionale, habitée par des populations variées et clairsemées, qu’on appelle Singhphos, Shans, etc., plus ou moins soumises à la domination birmane ; et enfin, à l’est et au nord-est, dans la direction du Siam et du Cambodge, les états tributaires appelés Laotiens ou Shans. Ces états, et par leur étendue et même par leur population, sont un morceau considérable : les Anglais, sans scrupule, s’en adjugent la part du lion ; mais d’autres peuvent en revendiquer une partie. Voilà pourquoi l’on ne saurait décrire, d’une façon exacte et définitive, les limites de la Birmanie. En latitude, pas de doute : elle s’étend environ du 10e au 27e degré de latitude nord, et les quelques hésitations du cartographe peuvent être facilement dissipées : c’est une question de levers géographiques. En longitude, elle part du 92e degré de longitude orientale (Greenwich) et s’arrête à un degré encore indéterminé vers l’est, que les négociations diplomatiques fixeront un jour, à coup sûr, entre le 95e méridien et le 98e, mais qu’elles seules peuvent fixer. Même les moins favorables de ces positions assurent encore à la Birmanie une superficie de plus de 30 degrés carrés : c’est presque celle de la France.

Au point de vue géographique et hydrographique, ce pays présente des particularités assurément dignes d’attention ; mais ce qui fait son intérêt pour l’Europe, c’est la situation qu’il occupe entre l’Inde et la Chine. Il est, en effet, contigu à toutes deux, et, quoique séparé de l’une et de l’autre par des montagnes puissantes, relié à la première par la mer et par des passages à travers monts, et à la seconde par les fleuves à pente modérée qui sortent des hauteurs du Thibet, province chinoise.

Si, sans entrer dans le détail infini des chaînes et des monts, on examine le système orographique de cette région, on voit que de la péninsule gangétique à l’Empire du Milieu, séparant l’Inde du Thibet, et le Thibet lui-même du Szu-Chuen (autre province chinoise), règne une ligne ininterrompue de montagnes qui s’appelle, au nord de l’Inde, Himalaya, et, en Chine, monts Yunlin. Au sud de l’Himalaya court vers l’est, puissante encore, mais moins formidable, une autre chaîne, presque parallèle à la première, qui