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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/203

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L’autorité allemande fit des avances aux caisses à valoir sur les sommes dues par la Caisse des dépôts, jusqu’à concurrence de 4,200,000 francs. La Caisse d’épargne de Strasbourg, en novembre, put rembourser les dépôts inférieurs à 50 francs, et payer des acomptes sur les sommes supérieures.

A la fin de 1871, lorsque la situation financière parut consolidée, lorsqu’elle eut acquis la certitude du remboursement par la France, l’autorité allemande chargea les Landeskassen (caisses provinciales) des attributions des trésoriers-généraux et de celles de la Caisse des dépôts. En 1872 et en 1873, les sommes dues aux déposans des caisses d’épargne se retrouvèrent reconstituées et disponibles ; 1,230,000 francs avaient été remis en titres de rentes françaises. Peu à peu les caisses d’épargne, qui s’étaient bornées à des paiemens, recommencèrent à recevoir des dépôts.

A mesure que tout rentrait dans un ordre matériel, la disparition de la Banque de France se faisait sentir plus durement. Il fallait à tout prix résoudre la question de l’organisation du crédit sur des bases analogues à ce qui avait disparu, si l’on ne voulait amener une véritable catastrophe. Le parlement prussien avait effleuré le problème. Les intéressés eux-mêmes entreprirent de le résoudre à Strasbourg par l’initiative privée. Des capitalistes et des banquiers formèrent un syndicat pour établir au capital de 30 millions de marks une banque qui eût pris la place des succursales de la Banque de France ; on élabora des statuts détaillés ; le siège social devait être à Strasbourg, avec des succursales à Metz, Mulhouse et Colmar ; on aurait émis des billets de banque, libellés en francs, et l’on aurait eu un établissement autonome.

La chambre de commerce de Strasbourg discuta le projet dans plusieurs séances ; à défaut de la concession d’une banque provinciale alsacienne-lorraine autonome, qui aurait la faculté d’émettre des banknotes en francs et qui serait constituée sur le modèle des statuts de la Banque de Wurtemberg, on se décida à demander l’établissement de succursales de la Banque de Prusse. Un délégué fut envoyé à Berlin pour soumettre le premier de ces vœux au prince de Bismarck ; mais, à son arrivée, la question avait déjà été résolue par le gouvernement prussien, et naturellement dans un sens opposé aux velléités d’autonomie provinciale. L’Alsace-Lorraine fut dotée de succursales de la Banque de Prusse (loi du 26 lévrier 1872).

Dès le 26 juillet 1871, les commandites de la Banque de Prusse avaient ouvert leurs guichets à Strasbourg et à Mulhouse, dès le 21 août à Metz.

L’organisation et les statuts de la Banque de Prusse