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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/197

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son escadre avaient, les premiers, rendu le prestige de la victoire au drapeau de la république.

A en croire les affirmations de quelques journaux, affirmations qui ont eu leur écho au parlement et jusque dans la commission du budget, notre marine aurait perdu, depuis, tout titre à la confiance du pays, et se trouverait hors d’état de faire face aux nécessités qui lui incombent.

Devant l’insistance avec laquelle ces attaques se sont renouvelées, le sénat et la chambre des députés ont nommé dernièrement une double commission parlementaire de la marine, comme il en existait déjà pour l’armée.

C’est aux membres de cette commission que l’invitation avait été faite par la marine de venir examiner de près les différentes unités de notre flotte rassemblées en grand nombre à l’occasion des manœuvres annuelles, et s’initier à leur utilisation en escadre.

Les sénateurs et les députés qui se sont rendus à cette invitation ont été accueillis avec empressement ; tout le monde a compris que c’était une excellente chose que les membres du parlement, appelés journellement à discuter les bases de notre établissement naval, se missent en rapport avec l’escadre où toutes les questions de personnel et de matériel sont constamment étudiées et expérimentées.

Le 12 juillet, l’armée navale au complet a appareillé et exécuté au large des îles d’Hyères des évolutions qui ont vivement intéressé les hôtes de l’escadre.

Enfin, le 13 juillet, l’escadre appareillait à 7 heures du matin pour rentrer à Toulon en simulant une attaque de vive force de ce port.

Après d’élégantes contremarches dans la baie d’Hyères, l’escadre s’est formée en ligne de file, le Formidable en tête, — une ligne de file de 12 kilomètres de longueur composée de 30 navires flanqués chacun de deux torpilleurs.

Nous ne parlerons pas ici du tir à poudre effectué, tant à bord des bâtimens que par les batteries de terre, pendant que l’escadre se dirigeait sur la passe de Toulon ; c’était un simple exercice de pointage pour les uns comme pour les autres.

Ce qui a plus particulièrement frappé le public maritime qui assistait en foule à ce grandiose coup d’œil a été la rentrée de l’escadre dans le port.

En moins de trois quarts d’heure, les 30 bâtimens qui se suivaient à la distance de 400 mètres de grand mât à grand mât, ont donné dans la passe, malgré la fumée des coups de canon, et ont