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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 107.djvu/191

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En général, les garde-côtes, les cuirassés de construction un peu ancienne, et les croiseurs disponibles sont en deuxième catégorie de réserve dans les ports. Le commandant et le petit nombre d’officiers qui assurent le service de surveillance et d’entretien à bord de ces bâtimens, avec le quart de l’équipage normal et la moitié des mécaniciens, ne sont pas considérés comme embarqués, mais comme en service à terre.

Quant à la troisième catégorie, elle ne prévoit qu’un commandant provisoire et environ le dixième de l’équipage ; il n’y a guère que les plus vieux croiseurs en bois et les transports qui puissent être conservés en troisième catégorie ; c’est un désarmement presque complet.

La deuxième catégorie est, en ce moment, de beaucoup la plus nombreuse ; elle ne devrait se composer que des bâtimens en bois ou de vitesse inférieure, ou encore de ceux que l’on destine à des croisières lointaines. Il en sera ainsi à l’avenir, car tous les navires de types récens qui ne seront pas armés seront désormais placés en première catégorie.

C’est que nos cuirassés vont tous les jours en se compliquant davantage ; les croiseurs, auxquels on demande des vitesses de plus en plus grandes, ont des machines très délicates. Il devient de toute nécessité que nos cuirassés de seconde ligne et les croiseurs qui seraient adjoints à l’escadre au jour d’une déclaration de guerre soient pourvus d’un personnel aussi nombreux et aussi stable que possible, qui connaisse par avance tous les détails du cloisonnement et du tuyautage intérieur. Il est également indispensable que les machines fonctionnent souvent et que les mécaniciens qui auront à les manœuvrer soient familiarisés avec des appareils dont la diversité est extrême.

C’est pour répondre à ces desiderata que la division de réserve de l’escadre de la Méditerranée a été créée cette année.

Les bâtimens qui la composent sont sur le pied de la première catégorie de réserve. Placée sous le commandement d’un contre-amiral et annexée à l’escadre de la Méditerranée, la division de réserve appareille fréquemment avec l’escadre et prend part à tous ses grands exercices.

Devant les résultats donnés par ce premier essai, le ministre de la marine a prévu, au budget de 1892, la constitution d’une seconde division de réserve. Nous aurions alors la plupart de nos cuirassés de la Méditerranée prêts à entrer en ligne en quarante-huit heures, et nul doute que la même mesure ne soit ultérieurement appliquée à notre flotte de l’Océan.

Nous ne nous étendrons pas sur les enseignemens techniques