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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/836

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effet, chez les Suédois, comme le complément de la gymnastique. C’est encore une science beaucoup plus étudiée là-bas que chez nous, et pour laquelle certains médecins se spécialisent. Le docteur Cureman, un des praticiens les plus éminens de Stockholm, est chargé de l’enseignement de cette branche si utile de l’hygiène.

Beaucoup d’autres établissemens spéciaux offriraient encore de l’intérêt pour compléter l’étude de la gymnastique à Stockholm ; ce sont les instituts privés dirigés par de simples gymnastes pourvus de leur diplôme supérieur, et inspectés par des médecins. Enfin, pour ne rien omettre, il faudrait parler aussi de la gymnastique qui se fait dans les familles, soit sous la direction d’un maître qui se rend à domicile, soit spontanément et sans autre direction que le souvenir des leçons déjà reçues. La forme si simple de la gymnastique suédoise et son outillage peu encombrant en font le type de la gymnastique de chambre. Il faut ajouter que la facilité des mouvemens et le peu d’efforts qu’ils exigent la rendent possible à tout âge. Aussi, parmi les personnes d’âge mûr qui ne fréquentent plus les gymnases, en est-il un grand nombre qui chaque matin a prennent leur gymnastique, » soit en exécutant un certain nombre de mouvemens libres, soit en ayant recours à un ou deux appareils qui trouvent aisément leur place dans un cabinet de toilette, un espalier contre le mur, une barre horizontale dans l’embrasure d’une porte.

La gymnastique, pour le peuple suédois, est donc une institution vraiment nationale et fait sentir son influence bienfaisante sur les habitudes intimes de tous les individus, et sur le genre de vie de toutes les classes de la société. Mais c’est à la modération de ses mouvemens, et à leur adaptation parfaite aux lois de l’hygiène, que la gymnastique doit sa popularité à Stockholm ; c’est sa tendance hygiénique qui la rend utile pour tous, et applicable à tous. Nous ne saurions trop insister sur cet avantage qu’elle présente, de pouvoir être mise à la portée des faibles, c’est-à-dire de ne pas rester inaccessible, comme la nôtre, aux sujets qui auraient le plus grand besoin de ses bienfaits. Chez nous, on ne peut faire bénéficier de la gymnastique ni les valétudinaires, ni les hommes qui commencent à vieillir ; un homme de cinquante ans est généralement exclu de toutes les formes de l’exercice méthodique. A Stockholm, nous avons vu dans tous les instituts des vieillards de soixante-quinze ans venir se retremper dans cette fontaine de Jouvence qui s’appelle l’exercice, et garder, grâce à la gymnastique, une admirable santé, jointe à une vigueur et aune souplesse vraiment juvéniles.

La gymnastique suédoise pourrait fournir à la nôtre le plus utile