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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/835

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Le médecin ne devra pas s’en tenir à la première impression, pour juger la gymnastique médicale, ni s’arrêter à certains détails d’application qui s’écartent de nos habitudes et peuvent nous paraître choquans. Il est inutile de dire que ces impressions du premier coup d’œil s’effacent dès qu’on a compris. La gymnastique médicale, en effet, n’a rien de douloureux, et ses mouvemens les plus excentriques ont leur efficacité dans certaines maladies. Mais il n’est pas superflu de faire observer que l’introduction dans notre pays de la gymnastique médicale suédoise soulèverait une question d’adaptation et de « mise au point, » question importante à résoudre, si l’on ne veut pas se heurter à cette pierre d’achoppement, si redoutable en France, qui s’appelle le ridicule.

Les instituts de gymnastique mécanique n’exigent pas, comme ceux que nous venons de décrire, un grand nombre d’aides compétens. Des enfans suffisent pour mettre en action les divers appareils qui sont désignés par un numéro d’ordre, et dont chacun ne produit qu’un mouvement spécial nettement déterminé. La salle dans laquelle se fait le traitement ressemble à une véritable « galerie des machines ; » et c’est un curieux spectacle de voir cette foule de gens couchés, assis, debout ; tantôt tirant et poussant des poignées ou des pédales ; tantôt saisis par des courroies, pressés par des tampons, soulevés par des mécanismes divers, qui leur impriment des mouvemens dans tous les sens, les massent, les forcent à respirer profondément, etc. Mais, au fond, il n’y a rien de changé que la mise en scène, et le but du traitement mécanique est le même que celui de la gymnastique manuelle : il tend à provoquer des mouvemens actifs et passifs, et à appliquer les diverses formes du massage.

La gymnastique mécanique est très en faveur à Stockholm ; l’institut du docteur Zander, inventeur du système, est, comme celui du docteur Wide, un prétexte à réunions et à causeries. Au milieu des immenses galeries où se pressent les malades, on a réservé la place d’un salon de repos, avec des journaux, des revues et des rafraîchissemens. Cet établissement est fréquenté par la meilleure société de Stockholm. Au moment de mon voyage, le roi de Suède y venait chaque matin subir son traitement dans la salle commune, sans plus de cérémonie qu’un simple particulier.

Deux autres instituts mécaniques utilisent à Stockholm les machines du docteur Zander ; ils sont dirigés par le docteur Levertin. L’un de ces instituts est en même temps un splendide établissement de bains, plus complet qu’aucun des nôtres à Paris ; ainsi que le sont du reste, pour le dire en passant, les nombreux établissemens balnéaires de Stockholm, auprès desquels les nôtres semblent véritablement misérables. La balnéothérapie forme, en