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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/825

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l’estomac son influence salutaire et amener la guérison de certains troubles digestifs. Mais on devine aisément, à côté des avantages de cette association de tous les organes à l’exercice, les inconvéniens qu’elle peut présenter. Il est impossible, en effet, qu’un organe s’isole des autres et soit soustrait aux effets de l’exercice, si celui-ci présente une certaine intensité ou une certaine durée. Et le retentissement du travail musculaire sur toutes les fonctions deviendrait bien vite un danger pour des organes affaiblis ou malades, s’il atteignait un certain degré de violence. Mais remarquons que ce qu’on appelle « violence » représente un degré très variable, suivant les cas et les individus. Les effets du pas gymnastique ne sont pas trop violens pour le cœur d’un écolier ; ils seraient excessifs pour le cœur d’un vieillard, et, s’il s’agissait d’un cœur malade, l’excitation de l’organe pourrait être assez violente pour provoquer de redoutables accidens.

L’on voit donc, pour nous en tenir à l’exemple cité, qu’une affection nécessitant le repos absolu du cœur entraînerait la contre-indication formelle de tout exercice capable de produire des effets généraux appréciables. Il faudrait s’en tenir à des exercices d’une modération telle qu’ils ne puissent déterminer dans l’organisme aucun ébranlement. Et c’est là justement, parfois, un problème difficile. Quel exercice, en effet, semble plus modéré que la marche à pas lents sur une surface plane ? Nombre de malades, pourtant, ne peuvent faire quelques pas sans que le cœur batte avec violence et que le poumon entre en jeu avec ce rythme précipité qui amène l’essoufflement. Aussi arrive-t-il le plus souvent que le médecin, renonçant à la solution du problème, proscrit absolument toute espèce d’exercice, faute d’en pouvoir trouver un qui soit assez modéré.

Mais la gymnastique médicale suédoise permet justement de donner aux malades les bénéfices de l’exercice sans les exposer aux perturbations générales qu’il produit sur l’organisme. Elle connaît des moyens, que la nôtre ignore, pour administrer l’exercice à très petites doses, aussi permet-elle de l’appliquer même à des malades incapables de marcher, parce qu’elle a dans son catalogue nombre d’exercices moins violens que la marche. Il existe un tel écart entre les procédés d’exercices des Suédois et les nôtres, que le mot de gymnastique, appliqué indifféremment à des choses si dissemblables, est la cause des plus graves malentendus. Nos médecins seraient certainement moins hostiles au traitement gymnastique des maladies internes s’ils ne jugeaient pas ce traitement sur la foi d’une étiquette mal choisie.

Le médecin français qui va étudier à Stockholm la gymnastique