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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/822

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puis il se lance sur les pentes neigeuses où il progresse avec la vitesse d’un cheval au grand trot. L’esprit hardi et aventureux des Suédois trouve l’occasion de se donner carrière, à l’aide de cet engin de sport, qui permet d’entreprendre les plus longs voyages, par des temps où tout autre moyen de locomotion est impossible. Viennent ensuite deux exercices qui se pratiquent en ville sur les places et dans les rues mêmes de Stockholm, ce sont le sparkstötting et le kälke.

Le sparkstötting est au traîneau ce que le vélocipède est à la voiture. Cet engin se compose d’un léger cadre de bois bardé de fer, posé à plat sur la neige durcie, et qui porte deux montans verticaux destinés à servir de prise aux mains du sportsman. Celui-ci, saisissant ces montans, met le pied gauche sur l’une des traverses horizontales, pendant que son pied droit, dont la chaussure est munie de crampons pour ne pas glisser, prend de temps en temps son appui sur le sol pour donner l’impulsion et accélérer l’allure. Le kälke est une sorte de petit traîneau en miniature, ayant la forme d’un grand tabouret dont les jambes sont remplacées par des patins, et dont l’une des extrémités, celle qui représente l’avant. se relève « à la poulaine, » comme dans tous les engins destinés à glisser sur la neige ou la glace. Dès la première enfance, les deux sexes se livrent avec une ardeur égale et avec la même liberté à cet exercice, qui fait leur joie et que ne dédaignent pas les grands jeunes gens et même les hommes. A sept ans, garçons et filles savent à peu près tous patiner ; mais avant qu’ils puissent chausser des patins, vers l’âge de trois ou quatre ans, on leur permet déjà de glisser avec le kälke. Pendant l’hiver, on rencontre à chaque pas, dans les rues de Stockholm, des troupes d’enfans de cinq à six ans, en quête d’un emplacement favorable pour leur glissade. Des bambins de trois ans suivent le groupe, tirant d’une main leur traîneau par une corde, cramponnés de l’autre main à la veste de quelque frère plus grand. Et, quand on arrive en présence d’une rue bien en pente, tout ce petit monde s’arrête et s’organise. Chacun se couche sur son traîneau, le corps accoudé sur le côté droit ; les jambes, qui dépassent en arrière le véhicule, prennent appui sur la neige durcie pour donner l’impulsion du départ, et le traîneau file comme une flèche. Dans cette descente rapide, l’enfant fait face en avant, et l’inclinaison de la pente, relevant l’arrière du traîneau, en abaisse naturellement la pointe. Il en résulte une position penchée qui donne d’abord au spectateur la crainte de voir le petit sportsman faire une chute la tête la première. C’est cependant l’attitude réglementaire ; les jambes peuvent, dans cette position, tantôt rester relevées, pour ne pas diminuer la vitesse, tantôt toucher le sol en agissant comme un frein pour arrêter le traîneau, ou