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Page:Revue des Deux Mondes - 1891 - tome 104.djvu/783

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cortège des représentans légitimes du deuil et du respect publics.

Quelques mois plus tard, lorsque le gouvernement dont M. Thiers était le chef eut rétabli à Paris l’ordre matériel et le fonctionnement régulier de tout ce qui avait été suspendu ou brisé pendant le siège et au temps de la Commune, les cinq classes de l’Institut se réunissaient en séance publique pour renouer la tradition que les événemens de la guerre avaient interrompue vers la fin du second empire, mais pour la renouer dans d’autres conditions et à une autre date que par le passé. Sous le règne de Napoléon Ier, comme sous les règnes suivans, le jour de la séance publique annuelle des cinq Académies avait été celui où se célébrait la fête du souverain. En 1871, il fut décidé que cette séance aurait lieu dorénavant le jour anniversaire de la fondation de l’Institut, et, le 25 octobre de la même année, la mesure qui devait rester réglementaire reçut pour la première fois son application. Outre ce changement de date, la solennité du reste avait cela de particulier qu’elle rassemblait sous la coupole du palais Mazarin, à titre de membres de l’Académie française, les principaux personnages appelés alors au gouvernement du pays : le président de la république, M. Thiers, et quatre de ses ministres, MM. Dufaure, de Rémusat, Jules Favre et Jules Simon, sans compter un certain nombre d’hommes politiques appartenant aux diverses Académies, y compris même l’Académie des Beaux-Arts, dont le secrétaire perpétuel, M. Beulé, venait d’être élu député.

Jusqu’à ce moment, le seul membre de la compagnie qui, depuis la chute du gouvernement impérial, eût rempli des fonctions publiques se rattachant à la politique, était un académicien libre, M. Charles Blanc, nommé directeur des Beaux-Arts presque au lendemain du 4 septembre, par conséquent à une époque et dans des circonstances où le titre qu’on lui conférait ne pouvait imposer une responsabilité fort lourde, ni même des occupations fort suivies. Aussi, tant qu’avaient duré le siège et la Commune, ce directeur à peu près in partibus s’était-il contenté d’attendre, pour agir, des jours plus favorables ; mais lorsque ces jours furent venus, son premier soin fut de travailler à obtenir de qui de droit la réintégration de l’Académie dans les fonctions que le décret de 1863 lui avait si imprudemment retirées. Le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts était alors M. Jules Simon. Facilement convaincu de la nécessité d’une pareille mesure, il écrivit, dès le mois d’août 1871, à l’Académie pour l’informer que « le moment lui semblait arrivé de faire cesser l’état de choses » établi par le décret impérial, — après examen toutefois par la compagnie