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Page:Revue des Deux Mondes - 1890 - tome 102.djvu/482

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REVUE DES DEUX MONDES.

des États-Unis est un exemple saisissant de plus pour les partis qui, dans tous les pays, prétendent abuser de la domination, de leur règne d’un jour. CH. DE MAZADE.


LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

Une crise financière d’une remarquable intensité a éclaté à la fois à Londres et à New-York et tenu notre marché dans l’attente des conséquences que le krach de la spéculation anglo-saxonne pouvait entraîner. Il s’agit uniquement d’une crise de crédit. Les disponibilités ont fait défaut au moment où les spéculateurs, engagés au-delà de leurs forces, auraient eu le plus urgent besoin de trouver auprès des banques les facilités habituelles.

La situation était déjà assez alarmante le mois dernier. Chaque liquidation successive du Stock-Lxchange était attendue avec une véritable anxiété. Celle du 15 octobre s’était passée assez convenablement, la suivante fut plus laborieuse.

À New-York, dans le même temps, le marché monétaire devenait de plus en plus serré. L’énorme spéculation qui s’était engagée pour la hausse de l’argent fin à l’occasion du silver-bill était en pleine déroute, le cours du métal retombant de 5k francs à /t7. Le vote du tariff Mac-Kinley et le « cyclone » électoral qui en fut la conséquence achevèrent de bouleverser toutes les combinaisons des spéculateurs américains. À Londres enlin, la Banque d’Angleterre, dont la réserve ne dépassait plus 11 millions livres sterling, s’est vue obligée d’élever le taux de l’escompte à 6 pour 100, presque à l’improviste, un vendredi, en dehors de toutes les conditions ordinaires dans lesquelles les modifications de taux sont décrétées. Un simple retrait de quelques millions par la Banque de Paris pour la Banque d’Espagne précipitait ainsi une mesure devant laquelle les directeurs de l’établissement anglais reculaient depuis six semaines dans la crainte de déterminer au Stock-Exchange une perturbation pouvant aboutir à un cataclysme. Pendant les deux journées du 10 et du 11 courant, on a pu craindre que le désarroi ne dégénérât en débâcle au Stock-Exchange et en Amé-