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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/957

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Il y a des questions qui s’agitent dans tous les pays et qui, partout, soulèvent les mêmes difficultés, provoquent les mêmes divisions, les mêmes conflits d’opinions. Les chambres hollandaises, pour leur part, viennent de dire le dernier mot d’un débat prolongé, souvent des plus vifs, sur une de ces questions qu’on retrouve partout aujourd’hui, sur le régime et les conditions de l’enseignement public. Depuis plus de trente ans, entre les deux partis qui divisent la Hollande, les lois scolaires sont un objet de perpétuelle contestation. Les libéraux ont été toujours partisans de l’école publique, neutre, soutenue par l’État, ouverte aux enfans de toutes les confessions religieuses. C’est la loi faite par les libéraux il y a longtemps. Les cléricaux n’ont cessé de s’élever contre ce régime, et, usant de la liberté qui leur est acquise, ils ont ouvert des écoles confessionnelles, qui se sont bientôt multipliées, qui ont été les rivales souvent heureuses des écoles laïques. La lutte ne laissait pas d’être laborieuse, lorsqu’il y a dix ans un ministère libéral ajoutait encore aux difficultés de l’enseignement libre en faisant voter une loi qui assurait un subside de l’État pour l’entretien des écoles publiques. Dès lors, la concurrence devenait sinon impossible, du moins singulièrement difficile, d’autant plus que la loi nouvelle imposait à toutes les écoles, indistinctement, d’assez fortes dépenses pour l’amélioration intérieure du régime scolaire. Les écoles confessionnelles n’en sont pas mortes ; mais elles ont eu plus de peine à vivre. Elles ne sont soutenues que par les sacrifices pécuniaires de leurs partisans, et il y a eu un certain mouvement d’opinion. Les conservateurs ou cléricaux ont protesté plus que jamais contre l’injustice d’une loi qui, en leur laissant la charge de leurs écoles, les obligeait à payer par l’impôt les écoles laïques dont ils ne voulaient pas se servir.

C’est dans ces conditions que le ministère conservateur de M. de Mackay, arrivant au pouvoir l’an dernier, a trouvé la question. Il a voulu en finir, comme on en finit toujours avec ces interminables querelles, par une transaction. Il n’a pas tardé à proposer une révision de la loi scolaire qui, en diminuant les frais de l’enseignement, accordait aux écoles confessionnelles, comme aux autres, une part dans les rétributions de l’État. C’était une manière de faire la part de tout le monde, dans une pensée de paix. Le ministère avait la majorité dans la seconde chambre des états-généraux, il était sûr d’obtenir le vote de sa loi ; mais ici est survenu un incident caractéristique qui révèle le mouvement des opinions. Une partie des libéraux, 17, n’ont point hésité à voter la loi ; ils se sont prêtés à une transaction pour dégager le terrain parlementaire d’une vieille difficulté et pouvoir aborder dans de meilleures conditions les questions militaires, financières, qui ont aujourd’hui une certaine importance en Hollande. Les 17, il faut le dire,