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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/943

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aussi semblera-t-il, en le lisant, qu’on doive un peu rabattre des « descriptions enthousiastes, » que les Livingstone, les Burton, les Stanley, les Cameron nous ont données autrefois des « richesses de l’Afrique équatoriale. » Omne ignotum pro magnifico est, disait déjà l’historien latin, et le récit de M. Giraud le prouve, à sa manière. « Beaucoup de mes illusions se sont envolées, » nous déclare-t-il lui-même. On remarquera que, depuis quelques années, c’est un peu ce que disent tous ceux qui reviennent d’Afrique. Ceci soit dit sans vouloir décourager personne, ni rien prétendre diminuer surtout de l’admiration que doivent nous inspirer l’énergie, le courage, l’heureuse audace, le dévouaient enfin de tant de voyageurs à la cause de la science et de l’humanité.

Ne quittons pas la maison Hachette sans mentionner le volume annuel du Tour du Monde. Nous y avons plus particulièrement remarqué Trente mois au Tonkin, du docteur Hocquard, et le curieux voyage de M. Carl Lumholz : Chez les Cannibales du nord-est de l’Australie.

Touchons maintenant la terre d’Europe, et avec la Seine, de M. Louis Barron, rentrons non seulement en Europe, mais en France. Déjà, l’année dernière, à la même librairie Renouard, dans un agréable volume, du même format, M. Louis Barron nous avait décrit le cours de la Loire ; et, naturellement, dans ses descriptions et dans ses narrations, comme il convient pour les fleuves « historiques, » il avait fait la part aussi large à l’histoire nationale qu’à la géographie. Il nous promet, pour l’an prochain, la Garonne et le Rhône, et nous l’y attendons. Rien de plus agréable, en effet, que de revivre ainsi le passé, — c’est le cas de le dire, — en se laissant aller soi-même au fil de l’eau ; et le passé, dans notre pays, est toujours, on le sait, tellement mêlé au présent qu’entre tous les moyens de nous le rappeler et de nous le faire un peu mieux connaître, il n’y en a pas qu’on ne doive encourager, dès qu’il est différent des autres.

Nous pouvons dire à peu près la même chose du Paris, de M. Auguste Vitu, illustré de 500 dessins d’après nature, et publié par la maison Quantin. Si nous ne manquons pas de descriptions de Paris, nous savons aussi comme elles vieillissent vite ; et si l’Histoire de France est à refaire tous les vingt-cinq ans, on peut tous les dix ans refaire un livre comme celui de M. Vitu. Ce qu’il faut d’ailleurs ajouter, c’est qu’en vieillissant, je n’oserais certes pas prétendre qu’un Paris s’améliore, mais enfin il devient lui-même un monument, ou un document, dont il n’est pas douteux que le prix ou l’intérêt augmente avec les années. Tel est le Paris et ses organes, de M. Maxime du Camp ; telle est l’Histoire de Paris, de Dufaure ; tel encore le Tableau de Paris, de Mercier ; tel le gros livre de Sauvai sur les Antiquités de