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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/356

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II. [1]


Aux époques des longues guerres, l’accord, la cohésion des différens rouages qui constituent les grandes unités de combat, résultent naturellement d’une série d’efforts communs. Sous l’influence de cette action persistante, les troupes se soudent, s’assouplissent, s’entraînent ; les chefs se révèlent, se forment et grandissent. Mais dans la vie des armées modernes, la guerre n’est plus un modus vivendi, c’est, de loin en loin, un formidable accident. Plus rares, les campagnes sont aussi plus courtes et plus décisives. On ne peut plus espérer qu’on fera, à la guerre, l’éducation de la guérite ; il faut s’y présenter armé de toutes pièces. Aussi l’axiome en vertu duquel, dès le temps de paix, les armées doivent être organisées et instruites pour la campagne, a pris une force et une extension nouvelles. Il domine l’art militaire. La cavalerie surtout doit s’y conformer, qui, à la première heure, avant les autres armes, ouvre les opérations.

A cette tâche redoutable, par ses institutions du temps de paix, est-elle bien et dûment préparée ?

Un principe défectueux semble avoir présidé à son organisation. De ce qu’elle avait à remplir, en guerre, une double mission, l’exploration générale en avant des fronts de concentration, puis la

  1. Voyez la Revue du 15 septembre.