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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/244

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LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

Le mois d’octobre s’achève en laissant une assez forte déception aux optimistes, qui comptaient Voir s’ouvrir immédiatement une longue et brillante campagne d’affaires. L’accès d’enthousiasme auquel avait donné lieu, dans certains cercles financiers, le résultat des élections générales, a été de courte durée. Dès le milieu du mois, la rente française, que l’on croyait partie pour des cours inconnus jusqu’ici, était ramenée de 87.90 à 87.37. Dans la quinzaine qui a suivi, les affaires ont été languissantes, et notre 3 pour 100, sur les mouvemens duquel se règle toute la Bourse, a oscillé entre les cours extrêmes de 87.50 et 87.10. Il reste à ce dernier cours, soit à 0 fr. 40 seulement au-dessus du dernier cours de compensation. L’Amortissable, côté il y a deux semaines 90.70, a reculé à 90.55. Le 4 1/2 a été porté de 105.67 à 105.85 par quelques achats de l’épargne.

La spéculation, surprise par le marasme du marché, a cherché de tous côtés des explications à une attitude qu’elle ne comprenait pas tout d’abord et qui dérangeait ses calculs. On a invoqué tour à tour les demandes considérables de crédits présentées au Reichstag allemand pour dépenses militaires, la persistance d’une situation troublée dans l’île de Crète, la disposition présumée de quelques puissances à hâter la reconnaissance officielle du prince de Bulgarie, de prétendus mouvemens de troupes russes sur la frontière autrichienne, l’entrée de l’Angleterre dans la triple alliance ; puis, en ce qui touche nos affaires intérieures, un projet d’emprunt que préparerait le ministre des finances, la prolongation des grèves dans le Nord et dans le Pas-de-Calais, la probabilité d’une crise ministérielle à la rentrée des chambres, de mauvaises nouvelles du Tonkin, une certaine mésintelligence entre quelques-unes de nos sociétés de crédit.

La raison la plus sérieuse, celle qui a pesé pendant toute cette période sur le marché et ralenti l’activité des transactions, est le resserrement de l’argent à Londres, à Berlin et presque sur toutes les places, phénomène économique parfaitement étudié et connu, puisqu’il se reproduit invariablement chaque année à la même période, et qui semble cependant causer toujours une égale surprise au monde de la Bourse. La préoccupation constante de la place a été la question du maintien actuel des taux de l’escompte par les deux Banques d’Angleterre et de France ou de leur élévation d’une unité. De plus, la liquidation mensuelle s’approchant, l’appréhension des reports chers a paralysé toute