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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/227

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Le Père Lebonnard, pièce en 4 actes, en vers, de M. Jean Aicard.


Si je regrette vivement que la Comédie française, faute d’avoir pu s’entendre avec l’auteur, ait laissé le Père Lebonnard émigrer de la rue de Richelieu au boulevard de Strasbourg, ce n’est pas, à vrai dire, que la pièce soit bonne, ou seulement passable, ni, puisqu’elle est en vers, que les vers en soient de nature à faire illusion sur la sentimentalité puérile et déclamatoire du fond. Bien loin d’être étonné qu’après l’avoir reçue on ait demandé à M. Jean Aicard des suppressions, des concessions, et des corrections qui ne pouvaient être, à tous égards, que des améliorations, je m’étonnerais même plutôt qu’on l’ait reçue. Et si d’ailleurs on me disait que la Comédie française, en ces dernières années, a joué plus d’une pièce qui ne valait guère mieux que le Père Lebonnard, je commencerais par en tomber d’accord, et je répondrais que, justement, c’était une excellente raison de n’en pas jouer une de plus. Mais je suis fâché, dans l’intérêt des lettres, que la Comédie française ait donné prise à ses nombreux ennemis, en rompant elle-même, ou en laissant rompre à l’auteur, — le détail n’a pas d’importance, — le contrat qu’on peut dire qu’elle passe quand elle reçoit une pièce « à l’unanimité, » comme elle avait fait le Père Lebonnard. Je ne crains pas moins, d’un autre côté, que l’apparent succès du Théâtre libre, — où l’on eût cru, l’autre soir, que la direction avait interdit à la porte a les gants, les cannes, et tout ce qui ne produit que des applaudissemens sourds, » — en trompant M. Jean Aicard sur la valeur