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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/666

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III. L’ESTHÉTIQUE DE BOILEAU [1]


Il y a de plus grands noms que celui de Boileau, dans notre histoire littéraire, il y en a même et heureusement plusieurs ; il y en a de plus populaires, il y en a surtout de plus aimés : je ne sais s’il y en a de plus répandu, ni peut-être, à certains égards, de plus considérable. La moitié de ses vers sont devenus en naissant maximes ou proverbes, sont entrés dans l’usage ou dans le courant de la langue, font encore aujourd’hui partie du vocabulaire de la conversation. Trois ou quatre générations d’industrieux versificateurs, et parmi eux quelques poètes, ont reconnu en lui le Législateur du Parnasse français. Ses leçons, passant nos frontières, sont allées faire école en Angleterre, en Allemagne. Il n’y a pas jusqu’à ses ennemis dont les attaques passionnées, injurieuses, maladroites surtout, n’aient aidé, autant ou plus que son

  1. Ces quelques pages doivent servir d’Introduction a une nouvelle édition des Œuvres poétiques de Boileau Despréaux, illustrée d’eaux-fortes d’après Mme Madeleine Lemaire, MM. Bida, Bonnat, Boulanger, Cahanel, Chapu. Chevignard, Delort, François Flameng, Français, Galland, Gérôme, Hédouin. Heilbuth, J.-P. Laurens, Le Blant, Lhermitte, Maignan, Merson et Vibert. Le volume doit paraître prochainement, à la libraire Hachette. Nous dirions volontiers que ces noms suffisent à le recommander ; et au fait, on nous permettra peut-être de le dire, si l’on songe combien l’auteur d’une simple Introduction est pour peu de chose dans une publication de ce genre.