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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/701

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L’Inimitable Boz, par M. Robert du Pontavice de Heussey. Paris, 1889 ; Quantin. — Écrivains francisés, par M. Emile Hennequin. Paris, 1889, Perrin.


De tous les grands romanciers de l’Angleterre encore contemporaine, Charles Dickens passe communément, je ne dis pas pour le plus Anglais, mais pour le plus « Londonien. » Si cela voulait dire qu’ayant aimé Londres jusque dans ses « verrues. » l’auteur de David Copperfield et de la Petite Dorrit l’a mieux connue et mieux décrite que personne, on pourrait déjà disputer, puisque je vois que de bons juges ont trouvé dans ses descriptions londoniennes plus d’imagination, et au besoin de fantaisie, que de ressemblance ou d’exactitude. Mais si cela veut dire plutôt qu’Anglais de race et de tempérament, des Anglais seuls peuvent mettre à son prix l’originalité de Dickens, il ne reste plus alors qu’à expliquer comment le plus Anglais des romanciers en est devenu le plus universel ou le plus Européen, le plus lu, le plus goûté en Allemagne ou en France, et son œuvre, comme son nom, de beaucoup les plus populaires. Ni Bulwer, en effet, ni Thackeray lui-même, ni Charlotte Brontë, ni George Eliot n’ont pu faire hors de leur patrie une fortune égale à celle de Dickens. Et cependant, s’il fallait faire un choix, ou distribuer des rangs, est-ce Barnabé Rudge que l’on placerait au-dessus du Dernier des Barons, ou la Petite Dorrit au-dessus de Pendennis ? et dans l’œuvre entière de Dickens, que trouverait-on de comparable à Jane Eyre ou à Silas Marner ?

Vous ne chercherez pas de réponse à ces questions dans le livre que vient de consacrer à la mémoire de Dickens, — sous le titre un peu prétentieux de l’Inimitable Boz, — un compilateur breton qui