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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/638

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remarques, sous leur forme enjouée, sont très justes. On a répondu que l’avenir inventerait, sans doute, des procédés d’étude plus rapides que les nôtres, et qu’il ne fallait pas priver nos successeurs de trésors qu’il nous coûterait si peu de leur léguer, lui tout cas, a dit M. Mouchez, on pourrait toujours considérer ces clichés comme des documens à consulter, sans s’astreindre à les étudier dans leurs moindres détails, de même qu’on possède une bibliothèque ou une encyclopédie, non pour en lire tous les volumes d’un bout à l’autre, mais pour y chercher, dans une circonstance donnée, les renseignemens dont on a besoin.

Quoi qu’il en soit, si l’on veut bien supputer la somme de travail qui sera déjà nécessaire pour utiliser les données que fournira l’entreprise, limitée comme elle l’est par les résolutions du congrès, on trouvera peut-être qu’on a sagement fait de ne pas vouloir trop embrasser. Rien n’empêche évidemment d’agrandir, plus tard, dans dix ou vingt ans, le cadre de cette entreprise, si les résultats obtenus sont assez encourageans ; jusque-là, il faut se dire qu’en se limitant on augmentera singulièrement les chances de succès.

Le congrès de 1887, en se séparant, a constitué un comité permanent, chargé d’assurer l’exécution de ses décisions, de centraliser les renseignemens, et de maintenir les observatoires associés en rapports continus. Ce comité, à son tour, a formé un bureau de neuf membres [1], qui a déjà commencé la publication d’un Bulletin spécial, destiné à tenir les astronomes au courant de l’état d’avancement des travaux préparatoires dont le congrès avait reconnu la nécessité. Le comité se réunira à Paris le 15 septembre prochain.

Le nombre des observatoires qui ont promis de prendre part au levé de la carte du ciel, et qui ont déjà commandé leur lunette photographique, est, jusqu’à présent, de seize : ce sont, en dehors des observatoires français (Paris, Bordeaux. Toulouse, Alger), ceux du Cap (Afrique), de Potsdam (Allemagne), Oxford et Greenwich (Angleterre), Melbourne et Sydney (Australie), Helsingfors (Russie), San-Fernando (Espagne), Santiago (Chili), Rio-de-Janeiro (Brésil), Tacubaya (Mexique), La Plata (République Argentine). La Société royale de Londres songe à établir un observatoire à la Nouvelle-Zélande ; d’autres, comme ceux, de Harvard Collège, de Meudon, de Poulkova, de Leyde, contribuent activement, par des recherches spéciales, à l’avancement de l’œuvre commune. Il s’agit, en effet, de préparer des réseaux dont l’image, imprimée sur les plaques, puisse fournir des repères pour les mesures micrométriques et permettre de reconnaître les déformations de la couche sensible ; il

  1. Président, M. Mouches ; membres, MM. Christie, Duner, Janssen, Struve, Tacchini ; secrétaires, MM. Gill, Lœwy, Vogel.